Exposition « Enfers et fantômes d’Asie » au Musée du Quai Branly

Une exposition entre effroi et fascination

Si on connaît bien les légendes européennes à base de châteaux hantés écossais, Dames blanches, vampires des Carpates et autres sorcières bien de chez nous, Enfers et fantômes d’Asie actuellement au Musée du Quai Branly, nous invite à changer de continent et observer ce qui se passe du côté de l’au-delà version asiatique… 

Attention aux âmes impressionnables ! L’exposition Enfers et fantômes d’Asie ne fait pas dans la demi-mesure pour proposer à ses visiteurs une scénographie effrayante : sons venus d’outre-tombe, semi-pénombre dans certaines salles, hologrammes d’une femme qui apparaît et disparaît dans quelques recoins, rien n’est laissé au hasard. Chine, Japon, Thaïlande ou encore Corée, on voyage à la fois dans l’espace et dans le temps, puisque l’exposition propose une balade allant de l’Antiquité à nos jours, où des estampes ciselées et des figurines monstrueuses, font place aux fantômes virtuels croqués par PacMan.

 

Entre tradition (des légendes racontées oralement qui se matérialisent sur des objets, des costumes, des masques de démons, des vêtements sacrés) et fiction (avec une salle consacrée aux films tirés de légendes aux effets spéciaux plus ou moins réussis et à ne pas mettre devant tous les yeux), l’exposition confirme, si besoin en était, que nous avons beau ne pas être du même continent, la peur de la Mort et le questionnement métaphysique de l’au-delà, sont universels. Seules certaines formes changent. Ici, un buste ensanglanté de femme qui vole pour croquer des âmes innocentes, là, des géants zombies avides de chair humaine ou des vampires sauteurs, là encore, des spectres des forêts qui guettent des visiteurs perdus. Un bestiaire qui n’a rien à envier à celui de l’Occident, bien au contraire.

Pour accéder dans les premières salles, il faut passer par la bouche des Enfers. On se fait ainsi avaler et digérer et c’est peut-être mieux ainsi pour accepter tout ce qui nous attend. Heureusement, au fur et à mesure que l’on avance, après l’horreur et l’effroi, surgissent le jeu (des authentiques machines qui permettent de jouer à différents titres culte), le rire et l’émotion (les mangas japonais, comme ceux de Miyazaki, souvent inspirés de ces légendes d’antan qui traversent les siècles). Mais aussi, place à la quiétude, avec une dernière salle, zen, où dorment des buddhas qui veillent sur notre âme tourmentée. Une exposition aussi originale que fascinante !

Enfers et fantômes d’Asie, Musée du Quai Branly Jacques Chirac, 37 quai Branly, 75007 Paris.

Tarifs : entre 9 et 12 euros. Jusqu’au 15 juillet. Les mardis, mercredis et dimanches de 11h à 19h et les jeudis, vendredis et samedis de 11h à 21h. Fermé le lundi.

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Journaliste de formation et amoureux de Paris, J’ai écrit pour différentes publications à gros tirage (Questions de femmes, Le Républicain Lorrain, Carrefour savoirs, Aux petits oignons…) et pour des sites culturels (Evene.fr, Grand-Ecart.fr…). Pour Fille de Paname, je rédige articles et interviews essentiellement dirigés vers la culture. julien@filledepaname.com

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