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L’Escient, la bonne adresse du 17ème

Il est des adresses de restaurant que l’on se refile discrètement sous la table, de peur que ce petit coin de paradis ne soit vite pris d’assaut. Tout en ayant secrètement l’envie que le plus de monde possible le découvre. Un dilemme auquel nous avons décidé de céder : voici L’Escient, un de nos coups de cœur, un restaurant à taille humaine et où l’on se sent comme à la maison, pour une cuisine divine et sensorielle en diable…

Disons-le tout net : nous avons tellement apprécié L’Escient que nous y sommes retournés une deuxième fois pour être bien certains de ne pas avoir été pris d’une hallucination gustative. Mais non, point d’erreur, il s’agit bien là d’une adresse où l’on compte bien éprouver à nouveau nos papilles. L’Escient, c’est surtout une affaire de famille. Aux fourneaux, un père et sa fille, Pierre et Claire Méchin, qui s’activent derrière leurs pianos depuis août 2011. Ensemble, ils ont conçu une carte bistronomique qui change régulièrement, au rythme des saisons et de leurs arrivages en produits frais. Tous deux ont fait leurs classes chez Ducasse et tous deux raffolent de la cuisine fusion. Car derrière chaque plat, il y a un petit zeste de cuisine asiatique, mêlée à un savoir-faire français traditionnel. Au service, la maman, Catherine Méchin, qui sert les plats avec une bonne humeur communicative. Une trentaine de couverts en tout. On voudrait à la fois pousser les murs pour qu’un maximum de convives puissent s’installer et les réduire, pour n’être qu’entre-soi et savourer les mets que la famille Méchin nous concoctent.

Pour notre première incursion, en entrée, nous avions choisi une Pata Negra Bellota (du jambon qui fond onctueusement dans la bouche), servi avec du pain à l’ail et de la tomate, ainsi qu’une truite fumée de Grèce, accompagnée d’une betterave crapaudine. C’est dire si L’Escient n’hésite pas à expérimenter, avec un mélange des saveurs inattendu et surtout, des aliments qui proposent une assiette irrésistiblement colorée.

Pour le plat principal, ce fut pour l’un, le magret de canard du Sud-Ouest servi avec des légumes arrosés d’un jus de cassis (encore une fois, de la cuisine traditionnelle avec un nappage d’originalité) et pour l’autre, un bœuf mariné façon « Tigre qui pleure » et son riz vénéré. Soit une cuisine fusion par excellence, à la fois salée et sucrée, pour une viande divinement tendre.

On aurait pu s’arrêter là. Mais ne pas succomber aux desserts proposés aurait été un crime. Nous nous sommes donc laissés tenter par une ganache au chocolat noir qui trônait sur un sablé, avec une marmelade à la mandarine et par une écume tiède au chocolat avec une boule de glace vanille. Un dessert indescriptiblement bon.

Pour notre seconde visite, nous avons testé l’une des spécialités du lieu : l’animation barbecue. Tous les troisièmes jeudis de chaque mois, L’Escient propose de goûter viandes et poissons grillés, avec un big green egg, un barbecue asiatique en céramique, qui permet de cuire d’une autre manière, en laissant les produits incroyablement tendres. Le menu est à prix unique (39 euros) et se décompose en deux entrées, un plat et un dessert. Il change, lui aussi, très régulièrement.

Tacos à l’avocat, avec des calamars grillés au big green egg.

Ce jeudi-là, nous avions en première entrée, un tacos à l’avocat, servi avec des calamars grillés au big green egg, du maïs et de la grenade. Toujours le principe de la bistronomie fusion et même si l’on n’est guère friands de produits de la mer, la saveur grillée des aliments est absolument irrésistible.

No nem de thon cru.

En seconde entrée, un no nem de thon cru, accompagné de petits pois et d’une émulsion à la coriandre. Un plat fin, frais et coloré, entre la verdure des légumes et la chair rosée du poisson.

Boeuf façon « Tigre qui pleure ».

En plat principal, le bœuf façon « Tigre qui pleure » (il n’y a pas eu d’arrivage de poisson ce soir-là, sinon du poisson aurait été proposé en alternance). Il est servi saignant et avec des haricots verts. Un délice à chaque bouchée (et presque un goût de trop peu).

Enfin, le dessert était une œuvre d’art à lui seul et à découvrir en deux temps : une sphère au chocolat blanc, accompagnée de morceaux de mangue et d’ananas, renfermant une boule de glace au sésame. Et pour la briser, on fait couler dessus délicatement de la sauce chaude et onctueuse au chocolat et aux fruits de la passion. Il était presque criminel de briser ainsi cette sphère parfaite, mais il le fallait bien pour la déguster comme elle le méritait.

L’Escient est véritablement une adresse où on se sent bien et où l’on n’a qu’une seule envie : y retourner au plus vite et découvrir encore et toujours, de nouvelles saveurs…

L’Escient, 28 rue Poncelet 75017 Paris

01 47 64 49 13 

Ouvert du lundi au samedi, de 12h à 14h et de 19h30 à 22h.

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