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« En mode projet » au Théâtre de la Contrescarpe

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés. Toute diffusion, utilisation interdite sans autorisation de l'auteur.

En mode projet
Copyright Fabienne Rappeneau

En mode absurde !

Après Pas d’souci, Philippe Fertray revient avec un spectacle dont lui seul à le secret et les ingrédients, En mode projet. Un seul en scène encore plus poussé sur les jeux de mot et les personnages totalement déjantés, tout en gardant la poésie qui est la sienne. Jubilatoire.

On avait laissé Philippe Fertray sur la scène du théâtre de la Contrescarpe en train d’abuser textuellement des mots. Il y avait fait éclore des personnages plus vrais que nature, comme Tristine Angoisse ou un maître conférencier d’art contemporain totalement hors de contrôle. Ce n’était qu’un tour d’échauffement avant le plat de résistance, celui qu’il nous a concocté pour En mode projet, un seul en scène qu’il crée, bien évidemment, sur la scène dut théâtre de la Contrescarpe, écrin dans lequel il peut librement faire éclater sa folie créatrice.

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Un décor composé de branches d’arbre mortes sur lesquelles reposent des accessoires. Un bureau et une chaise. Un écran, également. Tel est le décor que Philippe Fertray s’est préparé pour ses nouvelles saillies stylistiques. En guise de préambule, le personnage d’Alfred Carmut (variation 2010 de Camus ?) qui tombe dans un burn out total à trop rêvasser. Le voici arrêté, au chômage, dans une de ces réunions de Pôle Emploi, pardon, Paul Empoil, où il va croiser d’autres individus tous plus étonnants les uns que les autres. Tous fort bavards également. Car un spectacle de Philippe Fertray, Raymond Devos réincarné, est versé dans le haut débit de paroles. Une fois qu’on l’accepte, on se laisse entraîné par les flows avec un rare délice.

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On y retrouve donc une coiffeuse paysagiste (dont le passage sur les coiffures surréalistes qu’elle propose vaut son pesant de bigoudis), un chanteur de télé-crochet qui a raccroché, un jeune du 9-3 ou encore un start-uper, tous en train de passer en mode projet. Un projet pour changer de vie et celle des autres. Des doux rêves proches de celui des phalanstères. Des projets qui portent plus à rire qu’à une quelconque concrétisation.

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De temps à autre, on entend le cri d’un oiseau qui nous rappelle à la réalité, au concret, aux vraies valeurs. Mais c’est l’envie profonde de réussir sa vie ou quelque chose dans sa vie qui l’emporte. Philippe Fertray délivre un message tantôt poétique, tantôt pessimiste sur notre monde d’aujourd’hui, en pleine uberisation. Il est grand temps de passer en mode vie, plutôt que survie. Et d’aller au théâtre l’applaudir.

Théâtre de la Contrescarpe, 5 rue Blainville 75005 Paris.

En juillet du mardi au samedi à 21h30, en août du mercredi au dimanche à 21h (relâches les 24 et 25 août) et en septembre, du mardi au samedi à 21h.

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