Journal d’un vieux confiné… Jour 5

En cette période de confinement, mon ami Rodolphe Trouilleux, qui vient de rejoindre le blog vous fait part d’un journal imaginaire : « Journal d’un vieux confiné  »  Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, etc, les surprises sont souvent au rendez-vous et c’est un plaisir de les partager.

 

Cinquième jour de confinerie

Tous les soirs à 8 heures c’est le bordel dans ma rue. Au début j’ai bien cru que le virus de la Corona il avait atteint tout le monde. Presque tous mes voisins ils ouvrent leur fenêtres et se mettent à applaudir et à gueuler comme des putois. C’est Riton, le cocu du bout de la rue qui est passé devant la maison et m’a informé de la chose : les gens ils applaudissent ceux de la médecine des hôpitaux parce qu’ils ont du courage et qu’il faut leur dire.

Moi je trouve ça moyen parce qu’ils peuvent pas entendre tout ce barouf mais je suis d’accord avec eux. J’ai été à l’hosto, moi, y’a deux ans, bicause que j’avais les jambes en coton et le rossignol en berne. Ma cardio – une sacré gonzesse celle-là ! – elle m’a envoyé fissa au paradis de la seringue et des compresses pour une visite de mon petit cœur. On m’a mis un ressort dans un tuyau qu’était bouché et ça m’a remis sur pieds d’un coup, même que, quand je suis revenu atome, maman elle comprenait pas mes agaceries vu qu’elle croyait que popaul était définitivement parti au rayon des souvenirs.

Bon, faut dire que c’était pas vraiment le retour du jeudi avec tous ses instruments mais c’était pas mal quand même.Trois jours je suis resté à l’hosto pour ces conneries du tuyau bouché, et là je les ai vu de près les gens de la médecine. Ils m’ont câliné comme un milliardaire, avec des piquouses top niveau et des instruments plus compliqués que ceux du garagiste. Et pis fallait voir comme ils étaient gentils, pourtant y’en avait du monde à mon étage. Une nuit j’ai entendu un voisin du couloir partir voir saint Pierre en râlant. Et les infirmières de venir me voir comme si de rien n’était avec de grands sourires pour me changer mon lit, me donner mes médocs ou mon repas… Et ces gens-là ils sont moins bien payés que la pétasse d’en face chez moi qui fait de la pub…

Alors pour les applaudissements je suis du genre d’accord, et la Divine aussi.En plus, c’est à l’heure de l’apéro du Martini, alors on n’est pas troublés. Hier soir on s’est mis à la fenêtre, même que Maman elle avait mis sa belle robe pour faire honneur.C’est là que j’ai vu Paulot, le ras-du-plancher d’en face, gueuler comme un dératé. Il avait mis sa blouse blanche de dépanneur pour l’occasion, car il croyait que le truc c’était d’applaudir en blouse… Il est vraiment con celui-là !Demain, avec Maman, on va aller aux courses pour les babioles de la vie de tous les jours. On a fait les papiers du genre ozvéss pour sortir. Faudra que je me lave les cheveux aussi. Mais bon, on verra demain…

 

rodolphe

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Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, les surprises sont souvent au rendez-vous, et c’est un plaisir de les partager.

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