Ils font Paris : rencontre avec l’équipe du Journal Le Chat Noir

Ils font Paris… Ils sont Paris : Interview de l’équipe du Journal Le Chat Noir 

C’est au cœur de Montmartre que Fille de Paname a rencontré l’équipe du Journal Le Chat Noir. Son directeur, Romain Nouat, était accompagné de Philippe Riesler, correcteur du mensuel, et de Champo, autrice, qui livre régulièrement à la feuille poèmes et chroniques au ton spirituel et caustique.

C’est à la suite d’une visite au Musée de Montmartre en 2018 et de sa découverte de quelques souvenirs du cabaret du Chat Noir, dont la « une » encadrée de l’ancien journal, que Romain Nouat décida de relancer le titre disparu depuis 1895 et dont le tirage s’élevait alors jusqu’à 20 000 exemplaires hebdomadaires.

Aussitôt dit, aussitôt fait, en mai 2018, soit 137 ans après sa disparition, le journal reparaissait sous forme mensuelle, exactement semblable au format d’origine, avec le même titre orné d’un chat sous un moulin, sur beau papier et numéroté. 

Le tout corrigé, monté et imprimé à Montmartre, une production locale donc, qui mériterait à elle seule l’Appellation d’Origine Protégée !

Philippe Riesler, Champo et Romain Nouat présentant l’affiche publiée à l’occasion du confinement
(copyright R.Trouilleux) 

Un bijou à collectionner mais à lire avant toute chose. Journal satirique au ton libre Illustré des spirituels dessins de Binu, il offre à ses lecteurs une version décalée et humoristique de l’actualité. 

Militant pour une vision poétique et artistique de la vie quotidienne, comme à l’origine, Romain assume pleinement l’originalité de sa démarche. Cet ex-intermittent du spectacle a, voici quelques années, « atterrit » comme il le dit lui-même, dans la maison du compositeur Erik Satie, rue Cortot. 

Le fantôme de Satie rôdant nuitamment en ces murs – il fut pianiste au cabaret du Chat Noir, rappelons-le ! – souffla-t-il à l’oreille de Romain qu’il devait relancer le titre disparu ? Certains montmartrois le murmurent…

Romain revendique le côté humain de l’aventure. Le journal actuel, tout en reprenant l’esprit du titre d’origine, est un organe vivant ancré dans sa contemporanéité, pas un fac-similé ni un copié-collé du journal de 1882 mais un titre actuel à l’esprit moderne et vivant dans un habillage d’autrefois, sobre et élégant. 

Montmartre c’est quoi pour vous ? 

Romain : Montmartre c’est l’esprit qui se cache chez tout le monde. Tout le monde est dépositaire de l’esprit du chat noir, malicieux, absurde, très artistique mais certains se sentent plus concernés que d’autres par cet état de fait. 

Copyright R.Trouilleux

Philippe Riesler, vieux montmartrois, a beaucoup de correction sans aucun doute. Il a répondu présent à une petite annonce quand la direction du Chat Noir, à ses débuts, recherchait un correcteur pour ses articles. 

L’annonce vous paraissait sérieuse ?

Philippe : Le journal m’intéressait, je ne savais pas qui y travaillait, mais l’idée de relancer ce titre me plaisait beaucoup.

Vous connaissiez l’ancien ?

Non, je connaissais l’existence du cabaret d’autrefois mais pas le journal. 

Et Montmartre, c’est quoi pour vous ?

Montmartre c’est ma vie. J’y vis depuis l’année de mon mariage, il y a cinquante ans maintenant ! Au fil des années j’y ai vécu beaucoup de changements, bons ou mauvais.

Pas de regrets de vivre ici ?

Pas du tout ! L’évolution de Montmartre a été intéressante, en mieux ou en moins bien, on peut toujours en parler, mais la butte demeure avec son esprit. 

 

Champo écrit ses poésies et des billets inspirés. Après avoir entendu sur France Culture une émission consacrée à la renaissance du journal, elle posa sa candidature, persuadée qu’elle pourrait y communiquer quelques perles de son savoir sur un ton humoristique et poétique.

Champo : Je suis née à Pigalle, le Chat Noir pour moi c’est comme un retour aux sources. J’apprécie d’avoir des rendez-vous amicaux et littéraires à Montmartre grâce au Chat Noir, une occasion rêvée de revenir sur ces lieux que j’adore. 

Vous êtes étudiante. Vos sujets d’étude favoris sont ?

L’histoire des forains, des circassiens au 19ème siècle, l’esprit fin de siècle, les foires, les spectacles. 

Ainsi, depuis deux ans, chaque mois, les montmartrois et tous les amateurs d’humour et de poésie ont rendez-vous avec le Chat Noir. Parmi ses collaborateurs, signalons Mathias Pizzinato, auteur de nombreuses « brèves » humoristiques, Femmestabilo pour ses dessins de femmes miniatures, Binu qui assûme la tâche de dessiner la troisième page à lui tout seul et aussi notre Rodolphe Trouilleux, rédacteur (qu’on ne présente plus sur le blog Fille de Paname puisqu’il fait également parti de notre équipe ! :)

Depuis peu, la rédaction organise mensuellement un concours de poésie et de slam au restaurant La Cantine du 18, 46 rue Ramey. Un rendez-vous bon enfant et amical dans l’esprit des ancêtres du Chat Noir, qui ne sont pas oubliés, mais surtout pas une reconstitution du vieux cabaret sentant le moisi et la poussière. 

D’autres projets sont prévus par la rédaction. Le Journal Le Chat Noir n’a donc pas fini de nous surprendre. 

L’intégralité des numéros parus est disponible en version numérique sur le site du journal : https://journallechatnoir.com

Mensuel 3 euros. 

Journal Le Chat Noir, 6 rue Cortot 75018 Paris

Abonnements :  1 an / France : 35 euros / Europe : 50 euros / Monde : 55 euros.

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Amoureuse de Paris, j'aime partager mes découvertes culturelles, gastronomiques... Je vous dis ce qui m'a plu pour vous donner envie de sortir dans cette si jolie ville qu'est Paris où l'on a la chance d'avoir tant à faire, à voir, à goûter et à tester... Également désormais : des interviews !

Un commentaire sur « Ils font Paris : rencontre avec l’équipe du Journal Le Chat Noir »

  1. Claire Botrel-Terrade, oui, Théodore Botrel était un de mes ancêtres, j’ai la chance d’avoir encore un gilet à lui, et quelques cartes postales, j’ai appris qu’il se donnait en spectacle au chat Noir, j’ai vécue une partie de ma vie à Montmartre, rue des Abbesses, mes enfants y sont nés, donc très liée au 18 ème, ma scolarité ainsi que mon début de vie de femme, c’est passé à Montmartre, j’y suis très attachée, je voudrai m’abonner au journal, comment faire!!!

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