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« La folle et inconvenante histoire des femmes » AU FUNAMBULE

Avec ce seule en scène la comédienne Diane Prost nous plonge dans l’histoire des femmes et de leurs combats à travers le temps. Un spectacle réjouissant et actuel sur la condition féminine à voir absolument.

Le rideau s’ouvre, la scène nue a pour tout meuble un cercueil. Une femme s’avance drapée dans un habit de satin clair. Elle engage une conversation, forcément monologuée, avec sa grand-mère qui repose.

Une femme, vivante parle à une autre qui l’a été, comme elle, et qu’elle croit connaître. Le jeu des apparences est engagé. La difficulté d’exprimer la nature profonde de ses sentiments est évoquée. La pudeur, la douleur, l’incompréhension de certains, de certaines, la maladresse aussi de certaines, de certains, d’une famille qu’on croyait si proche et qui ne l’est pas vraiment. La comédienne, ou plutôt le personnage qu’elle incarne aime, oui, mais aime plus au féminin qu’au masculin et elle veut être aimée pour ce qu’elle est : une femme qui en aime une autre, des autres, tout simplement. 

Là, l’histoire s’enchaîne, petite, au niveau de toutes celles qu’elle évoque mais grande à la hauteur des combats engagés. « Etre une femme c’est pas si facile » et cela ne l’a jamais été.

Après un bref départ dans ce voyage temporel à l’époque de la préhistoire – simple mais drôle et efficace – cette femme évoque dans la chronologie la vie des autres, de quelques-unes qui se sont succédées dans le temps. La comédienne joue avec son vêtement, seul accessoire, pour se transformer en femme de l’Antiquité, du Moyen-âge, de la Renaissance et ainsi de suite… Toutes ces mères, épouses, femmes peintres ou écrivaines défilent devant nous et nous expliquent une part de leur vie quotidienne dans un monde dessiné, gravé, imposé par des hommes qui n’hésitèrent pas à brûler Jeanne d’Arc ou à trancher la tête d’Olympe de Gouge. La loi est dure mais c’est la loi, surtout quand elle est masculine…

Copyright Chloé Nicosia

La conscience féminine étant de tous les temps – eh oui, les femmes ont une conscience ! – celles qui subirent la loi des hommes furent aussi des combattantes, de vraies guerrières qui allèrent parfois bien plus loin que beaucoup de ces messieurs pour tenter de franchir le pas de l’égalité. Mais ces femmes, scientifiques, journalistes, peintres etc. ont été bien souvent regardées comme des phénomènes et vite oubliées…

Le jeu de la comédienne est impressionnant et si elle évoque avec des mots parfois bien crus la condition féminine, elle n’attaque pas directement cette autre part de l’humanité qui fut – qui est – parfois – souvent – bien injuste à son égard : celle des hommes. 

Un spectacle salutaire et direct qui peut parfois nous aider à réfléchir et à nous remettre en question. L’homme que je suis aimerait bien vous aider mais, après tout, vous n’avez – surtout ! – pas besoin de moi.

Copyright Chloé Nicosia

Hier, aujourd’hui, demain, la lutte pour les droits des femmes n’a pas de fin, hélas… Allez voir ce beau spectacle, vous en reviendrez convaincu(e). 

« La loi doit être l’expression de la volonté générale : toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens étant égaux à ses yeux doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents. » 

Olympe de Gouges, déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, septembre 1791.

La folle et inconvenante histoire des femmes, de Laura Léoni, avec Diane Prost

D’après une idée originale de Diane Prost. Mise en scène de Laetitia Gonzalbes

Jusqu’au 3 janvier 2021, du mercredi au samedi à 19 heures

Théâtre des Funambules, 53 rue des Saules 75018 Paris

Tel. 01 42 23 88 83

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