Le musée Lambinet à Versailles

Le musée Lambinet à Versailles : une maison des merveilles…

Au mois de décembre 2022, après plus de trois ans de travaux, le musée Lambinet de Versailles vient d’ouvrir à nouveau ses portes. Une belle occasion de redécouvrir un lieu magnifique et un peu secret situé au cœur d’une ville où toutes les curiosités ne résident pas seulement dans le célébrissime château.

Le musée Lambinet est un musée curieux et insolite qui est toujours une belle découverte pour ses visiteurs. Des fenêtres à remplacer – isolation oblige ! – ont décidé de la restauration intégrale du lieu et du renouvellement du parcours de visite, belle initiative qui a mobilisé ses acteurs pendant plus de trois années. Le résultat de ce travail utile et réfléchi est une très belle réussite.

Nichée au fond d’un jardinet ouvrant sur le boulevard de la Reine, voici le genre d’adresse que l’on aime partager avec des amis, celle d’un musée municipal très riche et un peu secret, où le temps semble arrêté.

Cet Hôtel particulier du XVIIIe siècle a été construit en 1752 pour Joseph Barnabé Porchon, entrepreneur des bâtiments de Louis XV. La famille Lambinet s’y est installée au milieu du XIXe siècle. En 1929, la ville de Versailles a accepté le legs de Mme Nathalie Lambinet, collectionneuse, en souvenir de son fils disparu prématurément. Malheureusement l’essentiel de la collection de la donatrice fut dispersé au cours de trois ventes, ce qui n’empêcha aucunement la ville d’installer un musée dans ces lieux, qui furent ouvert au public en 1932. Bénéficiant d’un transfert de collections Beaux-arts de la bibliothèque municipale puis enrichi progressivement d’achats, dons et legs, le musée Lambinet constitue un véritable « musée de collectionneurs ».

Les œuvres conservées au Musée, de la Renaissance au milieu du XXe siècle : peintures, sculptures, dessins, gravures, mais aussi meubles et objets d’art sont présentées dans un cadre renouvelé et quelque peu allégé. Les visiteurs peuvent ici facilement appréhender l’ambiance de l’art de vivre d’une famille aisée à Versailles au XVIIIe siècle. Les boiseries, parquets et, bien sûr, le mobilier d’époque et les œuvres d’art permettent un agréable voyage dans le temps, aussi enrichissant que surprenant. Un véritable coup de cœur pour le rédacteur de Fille de Paname qui connaissait ce lieu depuis de nombreuses années. L’occasion, pour lui, d’y découvrir de nouvelles œuvres et d’en retrouver certaines, restaurées et particulièrement bien mises en valeur.

1er étage : Salles d’histoire de l’art (sculpture, peinture, mobilier et objets d’art) et une restitution d’un appartement au XVIIIe siècle.

2e étage : Histoire de la ville de Versailles du XVIIe au XXe siècle. 

Accueillis par les portraits des anciens propriétaires – un Victor Lambinet aux impressionnants favoris – et une Nathalie Lambinet à l’élégante robe ornée de roses – les visiteurs apprécieont comme nous-mêmes, la variété et la richesse de ces collections.

Fille de Paname a particulièrement aimé :

  • Les deux crosses d’évêque provenant de l’abbaye de Maubuisson et de Notre-Dame-du-Lys des XIIIe et XIVe siècles, aux étonnantes volutes en cristal de roche !
  • L’assiette peinte par Hubert Robert quand il était détenu à la prison de Saint Lazare, pendant la période révolutionnaire. Ne disposant pas de support pour peindre, il négocia la disposition d’assiettes où il pouvait donner libre cours à son inspiration, comme celle-ci où il a représenté un geôlier accompagné de deux chats…
  • La pièce de couleurs verte réunissant les souvenirs de la comédienne Julia Bartet, sociétaire de la Comédie française. Entourée dans son appartement parisiens d’objets et de meubles du XVIIIe siècle, elle cédait en cela au goût de l’époque. Les boiseries proviennent aussi de cet appartement.
  • La harpe de Jean Henri Naderman datant de la din du XVIIIe siècle. Entièrement restaurée, tous ses éléments – sauf les cordes ! – sont d’origine. Au cours de notre visite, nous avons eu le privilège de l’entendre, produisant des sons qui durent résonner aux oreilles de Marie Antoinette qui joua probablement de cet instrument.
  • Le portrait d’un chat blanc guettant un papillon, par Jean-Jacques Bachelier (1724-1806). Beaucoup ont voulu voir dans ce tableau l’évocation de Brillant, le chat de Louis XV, minet capricieux qui avait le droit de jouer sur la table du Conseil !

Une visite à faire seul ou en famille, des plus intéressantes, dans ce musée à taille humaine à l’ambiance si agréable !  Une chose est sûre : Fille de Paname y retournera !

Photographies : copyright Rodolphe Trouilleux

Musée Lambinet

54, boulevard de la Reine
78000 Versailles

musee.lambinet@versailles.fr

Du mercredi au vendredi de 12h à 19h et le samedi et le dimanche de 10h à 19h.

Groupes sur réservation.

Fermé le lundi et les jours fériés.

Publié par

Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, les surprises sont souvent au rendez-vous, et c’est un plaisir de les partager.

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