Journal d’un vieux confiné… Jour 3

En cette période de confinement, mon ami Rodolphe Trouilleux, qui vient de rejoindre le blog vous fait part d’un journal imaginaire : « Journal d’un vieux confiné  »  Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, etc, les surprises sont souvent au rendez-vous et c’est un plaisir de les partager.

 

Troisième jour de confinerie

Mon pote Lucien est revenu aujourd’hui avec la famille. Ils faisaient tous la tête à l’envers. Le camp des tout nus est fermé, cadenassé, bouclaré à double tours ! 

Mémène, la gonzesse de Lucien, elle pleurait presque, pas maquillée, encore plus tarte que d’habitude. Et les gosses ils se marraient comme des tordus en gueulant « on garde nos slips, on garde nos slips ! » ça n’a pas raté, Mémène elle leur a mis un aller-retour gratuit sans correspondance. Les mômes se sont mis à chialer, normal, et les parents se sont engueulés. Bonjour l’ambiance : presque tous les voisins regardaient à leurs fenêtres en se marrant, ça les changeaient de la confinerie, forcément, même que ce con de Paulot, le ras-du-plancher d’en face, il agitait un soutif en se marrant comme un demeuré. Faut dire que le Lucien et ses machins de nudisse il les a brisés à tout le quartier depuis des années : « faut venir avec nous » qu’il disait, « on se sent libres, c’est des vrais vacances ».

Moi j’ai jamais compris pourquoi on n’était pas libre avec un slip. En plus les choses de la vie en liberté, ça donne pas toujours l’envie de la bousculade. Pas gêné le Lucien, quand, un jour de barbecul, il a sorti les photos de vacances et les a fait circuler. Tous à poils qu’ils étaient, dans la forêt, comme des sauvages, les mains dans rien. Naturellement, entre voisins, on s’est marrés et ça me faisait presque de la peine pour Mémène et Lucien, surtout lui d’ailleurs. Bon, Mémène on a pu constater que même à poils elle avait rien d’une pinupe, mais qu’en plus, lui – imaginez les regards appuyés des mecs – on a vu qu’au niveau outillage, c’était du sérieux, genre Facom des beaux jours avec un nickelage doré… 

En attendant c’était la déroute dans le pavillon d’à côté. Retour vers la confinerie et ses tristesse. Les pauvres gens. 

Avec Maman on s’occupe comme on peut : elle, elle trie les chaussettes orphelines et moi je suis descendu à la cave histoire d’inventorier les bouteilles. On est en guerre, faut savoir ce qu’on a comme munitions. J’en ai profité pour remonter les photos de vacances, un plein carton il y en a. Des années de bêtises à classer avec nos gueules de jeunes à la manque. 

La divine elle était pas mal à l’époque, et moi je me défendais bien aussi avec les charmantes, mais c’était dans le temps, avant les évènements fâcheux. 

J’ai aussi remonté de la cave une grande boîte blanche qui me disait rien et quand je l’ai posée sur la table j’ai vu Maman devenir toute pâle… 

Demain on ira faire des courses avec nos masques et nos gants. Il paraît qu’à Tarteprix y’a des promos de cochon et de vieilles poules pour le pot. Faut profiter.

Mais bon, on verra demain. 

 

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Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, la surprise est souvent au rendez-vous, et c’est un plaisir de les partager.

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