On a découvert Geoffrey Callènes dans le sublime spectacle Les Secrets de la Méduse au festival d’Avignon et à retrouver début 2025 au théâtre du Ranelagh. En attendant de l’applaudir également à la rentrée théâtrale dans Les Trois Mousquetaires et profitant d’une plage de repos bien méritée, il a bien voulu partager les coups de cœur de sa vie.
Un album de musique ?
L’album Blanc des Beatles. Durant mon enfance, mes parents écoutaient beaucoup de musique des années 60/70. Je m’en souviens comme si c’était hier : j’étais en CM2 et j’ai passé ma journée à avoir les chansons en tête du fameux album Blanc écouté quotidiennement quelques années auparavant. En rentrant le soir, je mets l’album en lecture et c’est une révélation. Tous les morceaux ont leur propre univers. Cela aborde beaucoup de styles musicaux différents. Le titre Helter Skelter est d’ailleurs précurseur du Hard Rock. C’est grâce à cet album que je me suis intéressé aux Beatles, au Rock de manière générale puis par la suite cela m’a encouragé à apprendre à jouer de la guitare à mes treize ans. Cet album a été un déclic.
Une chanson ?
It’s a long way to the top if you want a rock’n’roll, d’AC/DC. Comment ne pas se réveiller ou mal commencer la journée en écoutant cette chanson ? Comment avoir peur ou être stressé en écoutant cette chanson ? Comment être déprimé et en perte d’énergie en écoutant cette chanson ? Cette chanson, c’est la pure joie de vivre ! Il n’y rien de plus motivant, on soulèverait des montagnes en écoutant cette chanson !
Un clip ?
Il y en aurait beaucoup, mais sans réfléchir le premier qui me vient serait Love is all de Roger Glover et Ronnie James Dio. Il représente tout ce que j’aime à l’époque des seventies : d’excellents musiciens qui ne se prennent pas au sérieux, qui prônent l’amour et la paix dans un humour et un psychédélisme que l’on retrouve un peu moins à notre époque malheureusement.
Un film ?
Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone. Je crois bien que c’est mon film préféré. Tout est maîtrisé. En tout art, finalement, le plus dur est de rester simple. Et ce film reste simple, maîtrisé et cohérent du début jusqu’à la fin. Que ce soit la beauté et la colorimétrie des plans, les musiques sublimes d’Ennio Morricone, la distribution haut de gamme, le jeu des acteurs, le scénario épique, l’écriture des dialogues, l’habileté des longueurs de séquences, le choix esthétique des décors, des costumes et des personnages secondaires, mais surtout l’émotion et la révélation finale… Pour moi, tous ces éléments réunis font de ce film le chef d’œuvre absolu.
Une série ?
Sans originalité, Breaking Bad. On met le premier épisode, le deuxième, puis on est obligé de voir les 5 saisons.
Un documentaire ?
J’en aurais deux. Le premier date de 1992, Baraka. Ce n’est d’ailleurs ni un film ni un documentaire, mais un portrait brut cinématographique et sans concession sur l’humanité. Exceptionnel. Il m’a beaucoup marqué durant mon adolescence.
Le second, ce serait La véritable histoire du Radeau de la Méduse, documentaire Arte de 2014. Excellent documentaire sur le fait divers historique, la conception du tableau de Géricault, puis la reconstitution du radeau à échelle réelle. Passionnant. Ce documentaire a été un déclic pour la création de mon spectacle Les Secrets de la Méduse.
Un livre ?
Celui qui me vient instinctivement serait Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski. Ce livre est un petit bijou du genre heroic/fantasy. J’ai rarement dévoré un livre de 1000 pages aussi rapidement. L’auteur est français, cocorico, et il maîtrise la langue avec habileté et érudition.
Puis sans originalité, 1984 de Georges Orwell qui est un classique, mais surtout un roman brillant et intemporel.
Un manga ?
Le voyage de Chihiro. C’est un peu le Alice au pays des merveilles japonais. J’apprécie les musiques, les multitudes de symboles et les métaphores poétiques exprimées dans ce film d’animation.
Une bande dessinée ?
Pour ceux qui aiment le poète, je conseille vivement Mademoiselle Baudelaire. On plonge dans le spleen, les tourments baudelairiens et la relation tumultueuse que l’écrivain entretenait avec Jeanne Duval. Les dessins sont superbes et font souvent référence aux Fleurs du Mal.
Une exposition ?
L’exposition sur Stanley Kubrick à la cinémathèque française de Paris en 2011. Sublime exposition sur ce réalisateur de génie. Chaque pièce était consacrée à une étape dans la vie de l’artiste ou un de ces films. Un très bel hommage.
Un photographe ?
Toute l’œuvre de Sebastião Salgado. Aussi bien l’homme que l’artiste inspirent le respect et l’admiration. Étant également peintre et faisant beaucoup de noir et blanc, je suis particulièrement sensible à son travail. Ses photos sont toutes exceptionnelles.
Un spectacle ?
Loin de moi l’idée de dire que c’est le meilleur, mais je me sens un peu contraint de choisir mon spectacle, Les Secrets de la Méduse. C’est celui qui jusqu’ici a marqué le plus ma vie. Nous l’avons écrit avec Antoine Guiraud, metteur en scène du spectacle. J’ai la chance de l’avoir joué déjà plus de 70 fois. C’est un seul en scène qui dans sa conception (de l’idée jusqu’à la première représentation) aura duré 6 ans. Avec l’aide et le talent du créateur lumière Rémi Saintot, la costumière Corinne Rossi, l’œil avisé et les conseils d’Emilien Fabrizzio, nous avons tout créé. D’un point de vue personnel, ce spectacle m’a demandé un investissement sans précédent. C’est le fruit de nombreuses recherches historiques, d’analyses et de techniques de construction scénaristique (livres de John Truby et d’Yves lavandier), de nombreuses heures de répétitions, de techniques de jeu propre au seul en scène, d’une préparation et d’une hygiène de vie stricte et sportive pour tenir un seul en scène d’1h25. Je sors d’ailleurs du festival d’Avignon 2024 éprouvé physiquement, mais véritablement épanoui.
Un plat préféré ?
Une bonne raclette et un bon vin blanc en accompagnement ! No limit ! Mais aussi les pâtes au Pistou de ma mère. Un plat typiquement provençal.
Une activité sportive ?
Le rugby. J’en ai fait dix ans dans mon Sud-Est natal, « ce beau pays où poussent les cailloux » comme dit une chanson locale. Trois ans à Ollioules et sept ans au rugby club Toulonnais. J’ai d’ailleurs retrouvé tout l’esprit de ce sport au théâtre, à savoir la camaraderie et la fraternité.
Une citation ?
J’en aime tellement… Si je devais choisir je dirais : « Tu nais tout seul, tu meurs tout seul. Entre les deux il y a des faits divers que je te souhaite de choisir. Parce que la plupart du temps, ces faits divers, ils te sont imposés« , de Léo Ferré. Ou « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme« , de Lavoisier ou « Rien ne s’est jamais fait de grand sans Passion« , de Hegel.
Une maxime dans la vie ?
Jacques Brel et Léo Ferré ont bercé mon adolescence. Et dans un interview Brel dit ceci : « Il faudrait arriver à n’avoir que des tentations relativement nobles. Et à ce moment-là, il est urgent d’y succomber. Même si c’est dangereux. Même si c’est impossible. Surtout si c’est impossible« .
Votre actualité ?
J’ai donc l’honneur de reprendre mon seul en scène Les Secrets de la Méduse en janvier au beau théâtre le Ranelagh à 19h, du jeudi au dimanche du 23 janvier jusqu’aux vacances de Pâques.
Mais je reprends également mon rôle de Porthos dans Les Trois Mousquetaires de Charlotte Matzneff au théâtre Montparnasse, à partir du mois d’octobre. Pièce de théâtre de la compagnie Le Grenier de Babouchka, dirigée par Charlotte Matzneff et son mari Jean-Philippe Daguerre. C’est devenu une véritable famille, j’ai énormément appris et grandi en tant que comédien grâce à eux. Je fais partie de cette compagnie depuis dix ans.
Merci Geoffrey !







