Pour son nouveau spectacle, On est bien là, Sebastian Marx se la joue à la fois cigale et fourmi en une joyeuse introspection sur sa vie de père, de mari et de Français nouvellement naturalisé. Un one man tout en accent anglais absolutely fabulous !
Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore Sebastian Marx, voici un amoureux de la France qui a quitté son Amérique natale pour nos contrées hexagonales. Cela fait donc une vingtaine d’années que le comédien et humoriste se gargarise de nos vertes contrées, de notre gastronomie et de notre capitale, à la manière d’un Emily in Paris politiquement incorrect. Marié à une Française et père de trois enfants, on peut dire qu’il a parfaitement réussi son intégration au parisianisme de rigueur, sans remiser au placard son humour biberonné au Saturday Night Live.
Le spectacle débute par un tour de la salle à la recherche d’autres congénères qui sont en transit en France, pour le week-end, des vacances, ou le travail ou bien qui, comme lui, y résident désormais, ayant quitté leur pays d’origine. Ce qui est propice à une interaction improvisée souvent drôle démontrant, si besoin en était, la faculté d’adaptation de Sebastian à toutes les situations. Il peut ainsi passer d’une blague innocente à quelque chose beaucoup moins consensuel, jusqu’à évoquer la Shoah l’air de rien. Avec son apparence de binoclard goguenard, Sebastian Marx promène son humour qui n’appartient qu’à lui avec nonchalance et n’en oublie pas la pertinence au-delà de l’impertinence.

Il dépeint ainsi notre société en deux catégories, selon que l’on soit cigale (vivant d’épicurisme jusqu’à plus soif) ou fourmi (préférant économiser pour éviter les vaches maigres), en rapport, évidemment, à la célèbre fable de La Fontaine. Il développe cette métaphore filée tout le long du spectacle, démontrant comment, de cigale on devient fourmi dès lors que l’on a une bouche à nourrir, afin que cette dernière puisse faire la cigale et profiter de la vie à son tour. Sans se dépêtrer de ses traits d’humour non-dénués d’autodérision, Sebastian Marx fend un peu, ici ou là, l’armure, en nous faisant pénétrer dans l’intimité de son couple et de sa famille. On rit encore et toujours, avec lui et de lui, tout en se reconnaissant soi-même. Ou l’art de blaguer à la française, finalement. On n’est pas bien, là ?
On est bien là, au théâtre des Mathurins jusqu’au 4 janvier 2025 et en tournée dans toute la France. Dates sur sebmarx.com.





