« Château en Suède » au théâtre de Poche Montparnasse

Thriller théâtral avec « Château en Suède » au théâtre de Poche Montparnasse

Ce mardi soir, c’est au verbe et au rythme de Sagan que nous avons vibré dans la petite salle du théâtre de Poche. Dans un château en Suède, et non en Espagne, une famille étrange vit en autarcie, loin de la ville. À cet éloignement géographique s’ajoute l’éloignement, ou plus exactement la déconnexion temporelle, cette famille ayant fait le choix de la mode vestimentaire du siècle passé ; alors que la pièce se situe bien au 20e siècle !

Consciente de ces contradictions et dans cet environnement décalé, une femme, Eléonore, est au centre de la pièce : c’est une femme, aussi une sœur, une maîtresse et une épouse.

Le rôle d’Eléonore est embelli par la présence d’un frère cynique et ses désirs de tromperie largement permis par l’aveuglement conscient d’un mari. La froideur et la cruauté de son rôle son soulignées par la tiédeur et la naïveté d’un amant. Sa frivolité et son mépris des convenances s’oppose au trop grand attachement d’une belle-soeur, aussi vieille-fille, à ses ancêtres familiaux suédois.

Eléonore, bien qu’étant le personnage principal, et celle qui a le dernier mot, œuvre avec tous ces personnages principaux, main dans la main dans un thriller aux tendances malsaines ! C’est qu’il est rare de pouvoir contempler l’âme humaine de si près, dans ce qu’elle a de plus mauvais, de plus perdu et de plus vicieux. C’est ce genre de pièce qui, par sa simplicité, pourtant nous explique nos tourments… C’est là que nous reconnaissons l’esprit malicieux qui nous avait tant plu à la lecture de Françoise Sagan.

Le frère, Sébastien, est un jeune homme perdu ou qui veut se perdre. Perdu à l’image de ce château ! Il se plonge et se complait dans un cynisme nourri par la candeur des prétendants de sa sœur. Il joue avec eux, rivalise et surtout, ne s’émancipe pas de sa relation fraternelle !

L’amant qui vient, un lointain cousin, se prend facilement au piège de l’appel de la chair féminine ! Orgueilleux de sa conquête, sa cousine Eleonore qu’il convoite, il en devient aveugle à la réalité des liens qui unissent cette famille, et du jeu du chat et de la souris auquel joue cette femme. Pris au jeu d’Eléonore et des siens, qui rompt à sa façon l’ennui de sa campagne, il est encouragé par ce frère volage, si volage, qu’il part charmer une femme-enfant. Un type de femmes que, pourtant, il abhorre, nous dit-il en début de pièce.

Mais chut… nous nous arrêtons là pour vous laisser découvrir cette pièce !

Sous forme de huis clos, créé par la neige qui encercle le château tout l’hiver, il ne s’agit pas là de 8 femmes -en référence au film- mais de 8 personnages (nous les avons compté !) cloîtrés dans un même lieu. Vous n’oublierez pas de rire devant la mère « retournée à l’enfance » et tout cela étant dit avec une belle finesse d’esprit qui nous a charmé tout du long. Interprétation réussie !

On conseille donc cette pièce à tous qui par la force de leurs biceps pourront applaudir le mérite de cette belle troupe d’acteurs !

Crédit des photos, Studio Vanssay.

(Partenariat=> Nous avons été invitées mais ça ne change rien, nous avons apprécié puisque nous faisons l’article à la suite :)

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