Une comédie musicale à croquer !
Le célèbre conte des frères Grimm est désormais retranscrit en une réjouissante comédie musicale au Palais des Glaces. Une relecture enchantée certes, mais qui ne lésine pas sur des grands moments de théâtre pour petits et grands. Qui veut manger de la maison en pain d’épices ?
Quand les frères Grimm ont écrit Hansel et Gretel, se doutaient-ils que ce conte cruel du 19e traverserait ainsi les siècles malgré l’horreur qu’ils dépeignent ? On parle tout de même d’enfants maltraités par leur marâtre qui cherche à les perdre dans la forêt et d’une sorcière anthropophage… Les pauvres Hansel et Gretel tombent ainsi de Charybde en Scylla et ne disposent que de leur intelligence et de leur amour pour triompher du mal et tenter de retrouver leur père. Depuis, le conte a souvent été adapté, transformé, déstructuré, que ce soit en bande dessinée, au cinéma, en série animée et même en opéra. Désormais, c’est en version comédie musicale qu’on le retrouve sur la scène du Palais des Glaces, sous l’imagination de David Rozen, spécialisé en spectacles familiaux où l’on chante, danse et s’amuse.
On retrouve ainsi en un peu plus d’une heure, tous les grands moments qui jalonnent le conte, sans doute l’un des plus sinistres et effrayants de notre enfance. Les deux frère et sœur malheureux et affamés, qui rêvent d’une vie plus simple avec leur père aimant et subissent à la place, les injures et privations de leur odieuse belle-mère. Les manigances de celle-ci pour les éloigner de la maison. Leur perte dans la forêt. La découverte de la maison en sucreries et leur rencontre malencontreuse avec la terrible sorcière qui ne songe qu’à les engraisser pour mieux les dévorer. Et évidemment, l’issue fatale pour cette dernière. Mais le tout, en chansons et avec l’apparition d’un nouveau personnage, un faune facétieux, complice malgré lui de la sorcière.
En parlant de sorcière, c’est bien elle que les spectateurs attendent le plus. Sera-t-elle à la hauteur de sa réputation ? Car ce que l’on retient principalement du conte, c’est évidemment cette sorcière qui songe à les cuisiner avant d’être elle-même poussée dans le four. Une dernière partie de l’histoire pour le moins effroyable dont la mise en lumières et en chansons pouvait s’avérer périlleuse. Comment rendre la chose la plus crédible possible sans basculer dans le kitsch ou l’horreur ? Le metteur en scène et co-auteur, David Rozen, a osé. Si certains enfants peuvent être effrayés par l’arrivée de notre cannibale préférée (on n’y va pas de main morte, tout en sachant où placer le curseur), force est de constater que cela fonctionne parfaitement. Un savant dosage entre humour (noir) et humeur (sombre), exubérance gothique et facétie macabre. Magnifiquement campée par Véronick Sévère, la sorcière emporte littéralement l’adhésion (elle a, d’ailleurs, les meilleures chansons à son actif), on en redemande. Si tout le casting est judicieusement choisi (Léa Tauziès et Rémy Corrette sont particulièrement crédibles en enfants), le public attend le retour de Véronick Sévère pour un rappel endiablé. Pour un peu, on aurait (presque) envie de se perdre en forêt pour la rencontrer.
Hansel et Gretel, au Palais des Glaces (37, rue du Faubourg-du-Temple 75010 Paris) – jusqu’au 26 janvier 2025, le samedi à 15h et le dimanche à 14h.







