La pièce d’Éric Szij a été jouée dans le charmant Théâtre de la Comédie italienne. Elle nous plonge dans les débuts de l’histoire du cinéma américain. Nous ne manquerons pas de vous informer de sa reprogrammation.
Plongée dans les coulisses de l’âge d’or
Dans ce contexte de mutation, la pièce Hollywood, Premiers Temps : le bureau des merveilles d’Éric Szij propose bien plus qu’un simple voyage dans le passé. C’est une immersion dans la genèse du mythe hollywoodien, une réflexion sur l’équilibre fragile entre rêve artistique et business.
Irving Thalberg : Le Wonder Boy qui a tout changé
Irving Thalberg a produit des classiques qui font encore rêver. Parmi eux, Tarzan, l’homme singe (1932), avec Johnny Weissmuller et Maureen O’Sullivan, ainsi qu’Une nuit à l’opéra (1935), un chef-d’œuvre des Marx Brothers. En mars 1936, à Los Angeles, Irving Thalberg reçoit l’Oscar du meilleur film pour Les Révoltés du Bounty (1935). À seulement 37 ans, Thalberg est déjà une légende. Il meurt six mois plus tard. Un prix porte son nom en hommage posthume, pour récompenser les producteurs créatifs « valorisant un travail de grande qualité sur l’ensemble des films produits ». Des cinéastes célèbres comme Alfred Hitchcock, Clint Eastwood et Francis Ford Coppola en ont été les lauréats. À cette époque, l’industrie du cinéma change profondément. Hollywood passe de l’artisanat à l’usine à rêves. Le cinéma évolue du cinéma d’auteur à la machine à succès.
D’où vient le mythe Hollywood ?
Avant que le nom d’Hollywood ne devienne synonyme de cinéma mondial, le cœur de l’industrie battait à New York, près de Flushing Meadows, où des pionnières comme Alice Guy-Blaché tournaient déjà leurs films au début du XXe siècle. Mais dès les années 1910, la donne change : les grands studios américains migrent vers la Californie. Pourquoi ? Pour profiter du soleil quasi permanent, multiplier les décors naturels… et échapper aux brevets étouffants imposés par Edison sur la côte Est.
Dès les années 1910, des studios comme Universal, Fox et Metro quittent New York pour s’installer à Hollywood, marquant le déclin des studios du Queens et de Flushing Meadows. Les futurs géants, issus pour certains de fusions, s’y développeront dans les années 1920.
Le 16 mai 1929, la première cérémonie des Oscars consacre Hollywood comme la nouvelle capitale mondiale du septième art.
Un texte qui soulève l’éternelle question : Comment concilier création et rentabilité ?
La pièce s’ouvre sur un prologue contemporain, qui crée un pont entre notre époque et celle des pionniers : une productrice s’apprête à faire un documentaire sur Irving Thalberg. Le texte riche est émaillé de clins d’œil subtils à l’actualité qui font le bonheur du public.
Un huis clos tendu, une mise en scène coup de poing
Claudine Augier signe une mise en scène épurée et nerveuse : tout se passe dans le bureau de Thalberg, espace intime où se croisent producteurs, stars et réalisateurs. L’accompagnement musical de Stefano Catalano mêle à la perfection les mélodies contemporaines au récit et à la nôtre. Ce choix radical d’un lieu unique renforce la tension : chaque mot, chaque geste compte, et derrière la sobriété du décor, on devine l’effervescence d’un Hollywood en pleine mutation.
Des personnages plus grands que nature
Léo Brau joue Irving Thalberg. Il lui donne de la force et de la nuance crescendo tout au long de la pièce.
Géromine Flohimont incarne Norma Shearer avec justesse et humour. Norma Shearer était une star de l’époque et la femme de Thalberg. Elle a marqué Hollywood avec La Divorcée (1930), qui lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice.
Les autres comédiens incarnent chacun deux rôles.
Eric Szij campe à la fois un producteur d’aujourd’hui, calme mais déterminé et le magistral Erich von Stroheim, réalisateur génial et incontrôlable. Von Stroheim a marqué le cinéma en tant que réalisateur avec Les Rapaces (1924) et comme acteur dans Boulevard du Crépuscule (1950) de Billy Wilder.
Béatrice Labrousse interprète la productrice du documentaire et Marion Davies (rôle créé par Amandine Joannès en janvier 2024). Davies était actrice, muse et compagne de William Randolph Hearst, magnat de la presse. Marion Davies a brillé dans Going Hollywood (1933) et Operator 13 (1934).
Thierry Pons joue Carl Laemmle, le fondateur d’Universal Pictures, puis Hearst. Laemmle a produit de grands classiques comme Le Fantôme de l’Opéra (1925) avec Lon Chaney.
Pourquoi aimerez-vous cette pièce ?
Parce qu’elle parle de rêve, d’audace, de galères et de réussite, comme dans la vie créative aujourd’hui.
Parce qu’elle montre que les grands changements viennent souvent de jeunes qui osent casser les codes.
Parce que l’histoire du cinéma mise en scène et jouée ainsi pourrait être proposée en docu-fiction sur Arte.

(Partenariat=> Nous avons été invités mais ça ne change rien, nous avons apprécié puisque nous faisons l’article à la suite :)




