« AMOUREUSES » AU THÉÂTRE DE NESLE

Tout part d’une rupture contemporaine par un message laissé sur répondeur. Pour son premier seule-en-scène « Amoureuses », Christel Pourchet nous fait revivre les mots enfiévrés de correspondances chaque lundi soir. Dans son spectacle, littérature, musique et théâtre s’entrelacent pour dévoiler la puissance du désir au féminin.

Crédit Nathan Gilson

Christel Pourchet, interprète de lettres brûlantes

La comédienne incarne une palette variée de femmes qui toutes ont écrit l’amour avec intensité. Sa diction est d’une clarté limpide. Jeune femme éthérée au début, elle s’imprègne peu à peu d’étoffe et d’ombre. George Sand ardente, Marie-Antoinette résignée, Camille Claudel hallucinée : chaque visage s’incarne avec naturel. Son interprétation relie les siècles. Y compris dans la chanson, qui habite le spectacle. Ainsi, la chanson « Si vous n’avez rien à me dire » de Françoise Hardy donne voix aux paroles que Victor Hugo adresse à Juliette Drouet.

Crédit Antonio de Carvalho

Des femmes aux lettres captivantes, intenses et universelles

Qui sont-elles ?

Sappho, la poétesse grecque, souffle encore la brûlure du désir : « Il me paraît égal des Dieux, l’homme qui est assis dans ta présence et qui entend de près ton doux langage et ton rire désirable, qui font battre mon cœur au fond de ma poitrine. » Sa déclaration intemporelle est au bord de la transe.

Marie-Antoinette, reine digne au cœur assiégé, écrit à Axel de Fersen : « J’existe, mon bien-aimé, et c’est pour vous adorer. » Ses mots gardent une élégance lumineuse malgré la fatalité.

George Sand nous entraîne dans la tempête : « Adieu, reste, pars… seulement ne dis pas que je ne souffre pas. » Sa lettre à Musset, déchirante, mêle fureur et tendresse.

Avec Marilyn Monroe, l’amour devient vertige : « Je pense que j’ai toujours été profondément effrayée à l’idée d’être la femme de quelqu’un… » Derrière l’icône se cache une femme blessée, lucide et vibrante.

Enfin, Camille Claudel, dans sa folie poétique, confie : « Il paraît que je sors la nuit par la fenêtre de ma tour, suspendue à une ombrelle rouge avec laquelle je mets le feu dans la forêt ! » Ses mots embrasent la scène comme ses sculptures.

Crédit Antonio de Carvalho

Mise en scène, décors et costumes : la sobriété en éclat

Christel Pourchet signe aussi la mise en scène, minimaliste et fluide. Les changements se font à vue, tandis que les époques se croisent dans une esthétique sonore et visuelle contemporaine.

La lumière, pensée avec Antonio de Carvalho, dessine des espaces intimes, mouvants, parfois troublants. L’électronique s’invite discrètement, entre les lettres chuchotées et les chansons interprétées par la comédienne, pour créer une vibration moderne. Les costumes simples et élégants, évoquent le temps sans le figer.

Dans « Amoureuses », chaque phrase devient un battement d’âme. Christel Pourchet est une interprète sincère. Son spectacle rappelle que les mots d’amour, même anciens, n’ont rien perdu de leur éclat.

Amoureuses

Lieu : Théâtre de Nesle, 8 rue de Nesle, 75006 Paris

Dates : Du 6 octobre au 22 décembre 2025

Horaires : Tous les lundis à 19h

Durée : 1h10

Réservations : en ligne sur le site du Théâtre de Nesle

Tarif : à partir de 16,50 €

Accès :
Métro : ligne 10, station Mabillon; ligne 4 ou 10, station Odéon

(Partenariat=> Nous avons été invitées mais ça ne change rien, nous avons vraiment adoré puisque nous faisons l’article à la suite :)

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Amoureuse de Paris, j'aime partager mes découvertes culturelles, gastronomiques... Je vous dis ce qui m'a plu pour vous donner envie de sortir dans cette si jolie ville qu'est Paris où l'on a la chance d'avoir tant à faire, à voir, à goûter et à tester... Également désormais : des interviews !

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