Revenant sur la genèse douloureuse de la création de Blanche-Neige et les sept nains, premier long-métrage animé de l’Histoire du cinéma, Walt, la folie Disney est un spectacle qui parle des sacrifices que les génies doivent accomplir pour réaliser leurs rêves. Un seul en scène brillant et immersif.
Quand on voit (ou revoit) Blanche-Neige et les sept nains, premier long-métrage d’animation de tous les temps, difficile d’imaginer toutes les épreuves qui se sont accumulées pour qu’il puisse voir le jour et émerveiller le monde entier, tout ce qu’il a fallu de ténacité pour son créateur, Walt Disney, de sacrifices et d’abnégation, pour que le film puisse au moins exister. C’est ce que nous conte Walt, la folie Disney qui a bien fait de ne pas être nommé La magie Disney, tant le célèbre démiurge de la firme aux grandes oreilles, donne l’impression de basculer de l’autre côté à tout moment, sous le poids de la pression et des responsabilités.
On le rencontre tout d’abord à son bureau, tandis que Mickey a déjà conquis les jeunes Américains. Mais Walt rêve plus grand. En conteur, il nous invite à découvrir son rêve le plus fou : produire le premier long-métrage animé de l’Histoire du cinéma, à travers le fameux conte Blanche-Neige des frères Grimm. En l’édulcorant, évidemment, tant ce dernier peut s’avérer cruel. Magie du théâtre, la scène se transforme en un moment onirique, de la neige tombant au-dessus de Walt tandis qu’il nous raconte sa version du conte. Ce ne sera pas le seul instant de poésie et de grâce du spectacle, entre danse chorégraphiée et dessins volants qui rappellent que Walt est resté un grand enfant, coincé dans un corps de businessman beaucoup trop adulte.
C’est Clément Vieu qui endosse avec un talent fou, la panoplie de Disney, tout en se dédoublant en son frère Roy, plus terre à terre, davantage intéressé par les finances que l’imaginaire. Le comédien se glisse dans la psyché de Walt à la fois avec délicatesse et emphase, nous permettant de comprendre ce qui se trame dans son esprit, au fur et à mesure que le budget du film s’allonge et que sa date de sortie officielle recule. Au bord du burn out, Walt abandonne sa famille pour se réfugier dans son bureau et travailler sans relâche, se démultiplie, boit de l’alcool à haute dose et arrête de dormir. Toute œuvre doit-elle être engendrée par un créateur aux confins de la folie et du chaos ? Il semblerait que cela soit le prix du rêve. Celui d’un film fondateur et d’un spectacle qui en retranscrit les origines avec passion.
Walt, la folie Disney, au théâtre du Lucernaire (53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris). Jusqu’au 18 janvier 2026, du mercredi au samedi 19h et le dimanche à 15h30.





