Des comédiens survitaminés et une mise en scène aussi déjantée qu’inventive !
C’est futé, joyeusement bricolé et terriblement ludique.
Un spectacle réjouissant !
L’histoire ? Le patron de la plus grosse multinationale du monde prévoit de déverser 100 tonnes de déchets dans une nappe phréatique. Un seul homme peut l’arrêter : Alain. Problème : Alain n’est pas au courant. Kidnappé par une agence écolo persuadée qu’il est l’Élu, il se retrouve catapulté, malgré lui, dans une mission dont il ne maîtrise ni les règles ni les codes.
Et mieux vaut lâcher prise et se laisser embarquer par une troupe qui semble avoir fait de l’imagination un sport de compétition.
Difficile d’en dire davantage sans éventer le plaisir de la découverte.
Disons qu’il y est question de destin, de grands enjeux, de petites névroses et du monde à sauver. Et d’une bande de personnages embarqués dans une aventure qui multiplie les détours et les surprises.
Mais l’essentiel est ailleurs : dans la formidable inventivité du spectacle !
Car la pièce regorge d’idées.
La mise en scène joue avec les espaces, les objets, les corps, les changements de personnages. Un objet devient autre chose, un espace se transforme sous nos yeux. Les idées fusent, les trouvailles s’enchaînent.
On sent derrière chaque trouvaille une envie presque enfantine de dire : « Et si on faisait ça ? » Puis, visiblement, quelqu’un a répondu : « Chiche ! »
Les six comédiens interprètent chacun plusieurs personnages. Ils sont épatants d’énergie, passant d’un personnage à l’autre avec précision et vélocité. Ils courent, sautent, enchaînent les cascades, les bagarres (avec des effets au ralenti parfaits).
Ils jouent même à l’hélicoptère et à sauter en parachute… et ça marche (ça vole !)
Les effets sonores, les jeux de lumière et la musique accompagnent parfaitement l’action, ajoutant ce petit truc en plus qui fait que la magie opère.
Le spectacle possède quelque chose de délicieusement artisanal et furieusement contemporain à la fois.
Et sous ses airs de joyeux bazar, la machine est sacrément bien huilée.
Un grand bravo à l’auteur, metteur en scène et comédien, qui cumule les casquettes avec aisance et incarne notamment Alain ! Et chapeau, bien sûr, à ses talentueux collègues de jeu.
On en sort avec le sourire, un peu étourdi par tant d’idées… et avec une furieuse envie de sauver le monde. Ou au moins de s’appeler Alain !
Magali Rebeaud
On peut s’appeler Alain et sauver le monde.
Théâtre Michel, 38 Rue des Mathurins, 75008 Paris.
De Loïc Bartolini et Jean Chaffard-Luçon. Mise en scène : Loïc Bartolini, assisté de Marie Coustaury.
Avec Céline Groussard, Salomé Talaboulma, Loïc Bartolini, Michaël Giorno-Cohen, Jean Vocat et Alistair Wright.
Les lundis à 20h et les mardis à 19h.




