« Festen » au Théâtre de l’Odéon

FESTEN
© Simon Gosselin

Festen est à l’origine, comme certains le savent, un film danois de Thomas Vinterberg, et pas n’importe quel film : c’est le premier film au monde estampillé « Dogme95 » , un précepte cinématographique créé pour imposer une forme brute et authentique aux films qui en respectaient les règles. Dogme qui fut présenté par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg en mars 1995…au théâtre de l’Odéon (dans le cadre d’une rencontre sur le centenaire français du cinéma) et qui par exemple interdisait tout faux décor, tout éclairage artificiel ou imposait la caméra-épaule.

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© Simon Gosselin

Un père de famille, Helge,  fête ses soixante ans et réunit tout un parterre d’invités dans sa belle demeure, ainsi que ses trois enfants. La fête est quelque peu voilée par la disparition récente de la sœur jumelle de Christian, un des enfants de la famille. Alors que la fête bat son plein, Christian profite de porter un  toast et accuse son père d’abus sexuels envers sa sœur décédée et lui.

Je n’en dis pas plus pour laisser le futur spectateur découvrir les réactions diverses des personnages, et les rebondissements qui s’ensuivent, que les familiers de l’âpre univers scandinave de Lars Norén, de la saga Millénium, des romans d’Henning Mankell, ou des films de Trier et Vinterberg pour ne citer que quelques exemples, pourront apprécier

Au delà du résumé assez radical pour attirer l’attention des personnes ne connaissant pas le film, il y a surtout une grande question qui se pose : pourquoi adapter au théâtre ce film ? On doit forcément y voir une réflexion sur la forme théâtrale et le rapport au spectateur,et la différence entre cinéma et scène.

Je ne souhaite également pas trop en dire sur la mise en scène, et le dispositif scénique-filmique . Car oui, il y a un film dans la pièce, et cela est une prouesse technique qui nous permet de voir au plus près des émotions, des regards des comédiens. L’envers du décor n’en est plus un et devient la maison d’Helge et sa famille.  On pense à Dogville.  Et on a toujours deux « regards », le notre et celui de la caméra qu’on se plaît à comparer, à analyser, on finit même par être surpris par certains effets. Le dispositif fonctionne, on entre à l’intérieur de la demeure, on est au plus près des personnages, on vit avec eux. On entend et voit les même fantômes qu’eux.

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© Simon Gosselin

Le fantôme, ou plutôt le Spectre. Il y a quelque chose d’Hamlet de Shakespeare, comme un ancêtre, également danois, chez Christian. On le voit sombrer dans la folie, et tout faire pour réussir à venger la mort de sa sœur, en révélant les travers les plus odieux des membres de sa famille, tous corrompus. Ce banquet rappelle sans conteste celle du prince Hamlet, qui lui aussi choisit de faire de la cérémonie scénique “le piège où prendre la conscience du roi.” Nous sommes ici les spectateurs du plan de Christian.

Il est évident que l’adaptation théâtrale de Cyril Teste du film Festen est une réussite. On est plongé dès le début de la pièce dans une ambiance sonore et on en ressort glacé comme-ci l’ont revenait du Danemark.

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Théâtre de l’Odéon

 

Publié par

Réalisatrice de fictions après mes études de cinéma, présidente d’un festival de films étudiants à Paris, médiatrice sociale dans une association et actuellement casteuse pour une émission de divertissement, tout ce qui touche aux relations humaines me plaît. Ma plus grande vocation est d’aider et de faire partie d’une équipe : je suis donc là pour partager les meilleures choses à faire à Paris ! Véritable ventre sur pattes, ma passion c’est aussi la nourriture !

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