Journal d’un vieux confiné…Jour 38

En cette période de confinement, mon ami Rodolphe Trouilleux, qui vient de rejoindre le blog vous fait part d’un journal imaginaire : « Journal d’un vieux confiné  »  Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, etc, les surprises sont souvent au rendez-vous et c’est un plaisir de les partager.

 

Trente huitième jour de confinerie

Elle avait pas prévu l’accident mais moi non plus. Maman, depuis qu’elle a tricoté un babigro pour l’Asticote, elle s’est collé un truc en tête : fabriquer des vêtements en série pour les bestioles. Au début, quand elle m’a parlé de ça, j’ai pensé qu’elle était devenue brindezingue à cause de la confinerie et je m’étais fait tout un cinéma, mais non, c’est sérieux, et elle veut faire ça avec le Kiki qu’est pas mal aussi dans le genre de la mode. 

Pour les chiens passe encore, et elle est assez douée. Pour s’entrainer elle a fait un ensemble haut et bas dans le sens de la longueur pour une peluche Ikéa qu’on avait dans un placard, un genre de kangourou suédois avec des grandes oreilles et une queue de trois kilomètres. C’est vrai que c’est beau ce qu’elle a fait, comme vêtement de clébard ça peut être bien pour les sorties du dimanche. 

Bon, bref, c’est bien mais elle a voulu faire aussi un babigro de lusque pour le Cui cui, un genre de machin angola avec des poils longs, et tout ça en laine de lapin rose. Le problème c’est que quand elle a voulu l’essayer au Chat, lui il était pas d’accord. Comme c’est un truc qu’on enfile par la tête l’autre y s’est affolé et il a griffé maman aux mains et derrière les bras, une vraie boucherie. En plus de ça y s’est barré en courant dans toute la maison avec son vêtement à moitié mis. Il a fini par l’enlever en remuant et il l’a tout massacré. Maman elle pleurait quand je l’ai désaffectée avec du gel des alcooliques et des pansements par dessus. Là je lui ai dit que c’était un peu bizarre leur idée mais si c’était joli les vêtements qu’elle faisait. Moi je lui ai dit qu’elle ferait mieux de faire des chaussons pour les vieux des épades mais ça lui dit pas grand chose. Là elle s’est mise en tête de tricoter des pull ponchos africains pour les poubelleux qui font les poubelles devant chez nous, c’est plus raisonnable mais je lui ai dit que je ferai pas le mannequin pour elle, j’en ai marre de ses trucs en laine qui gratte.

Aujourd’hui y z’ont rapatrié Mémène après son accident d’abeille. Elle a eu juste une jambe cassée et des gratignures un peu partout et comme elle s’était collée plein de miel dans les cheveux il lui ont rasé la tête à l’hosto. 

Quand elle est sortie y a le Lucien et les mômes qui sont venus pour l’accueillir. Lui ça lui a fait un drôle de choc l’accident alors il a laissé tomber le déguisement de lapin et les carottes. Mais il est pas complètement frais vu que maintenant c’est des concombres qu’il bouffe toute la journée, comme des bananes. Mais c’est un peu plus normal tout de même. 

Pour consoler Maman qu’était allongée c’est moi même que j’ai mis des disques du Vincent Vincent. Elle était contente et ça l’a toute rassée et renée. Moi j’ai dû jouer le disc jockey et me taper toutes les fadaises du monsieur, un vrai supplice. Et j’ai dû passer au moins cinq fois son grand tube « Ma vie avec toi » !  Un truc à devenir sourdingue, en plus l’Asticote elle est comme moi, elle aime pas ses chansons et encore moins la Sarah Frisette qui fait encore plus fort dans les âneries. 

Comme elle était toute requinquée la divine elle a voulu que je danse avec elle ! Moi qu’avait pas mis un pied devant l’autre depuis les années où j’allais en boîte, elle a pas été déçue du voyage. Du coup je lui ai écrasé les pinceaux direct et elle a été éborgnée d’un orteil. C’était pas son jour !

Depuis ses histoires de vêtement angola le chat y s’est planqué sous l’’armoire et j’ai voulu aller le chercher et y s’est mis à cracher comme un furieux. C’est bien dur tout ça.

Pour le reste alors, on verra demain. 

Copyright R.Trouilleux

Publié par

Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, la surprise est souvent au rendez-vous, et c’est un plaisir de les partager.

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