Avant ce nouveau confinement, le comédien et metteur en scène Arnaud Denis triomphait dans la grande salle du Théâtre Montparnasse dans la pièce moliérisée Marie des Poules. En attendant de fouler les planches à nouveau, il nous a livré ces coups de cœur du moment.
Un album de musique ?
J’adore le groupe Applause, une formation belge avec un chanteur français et j’aime tout particulièrement leur premier album éponyme.
Une chanson ?
Moi dans mon coin, c’est une chanson d’Aznavour qui ne fait pas partie de ses plus connues. Mais pour moi, c’est l’une des plus belles.
Un clip ?
Weapon of Choice de Fat Boy Slim avec Christopher Walken. J’aime cet acteur et j’ignorais avant ce clip qu’il était si bon danseur. Il y a une sorte de grâce, de maîtrise de son corps qui m’impressionnent.
Un film ?
Mon film préféré, c’est A Single Man avec Colin Firth dont je suis fan et qui livre ici une grande interprétation. Il s’agit du premier film du couturier Tom Ford. Pour moi, c’est sans doute l’un des meilleurs films de tous les temps. Il y a une poésie extraordinaire et une mélancolie qui se dégagent de cette histoire, la dernière journée d’un homme qui a décidé qu’il allait mourir, parce qu’il a perdu son ami dans un accident de voiture. Et il vit cette dernière journée avec une grande intensité. Tom Ford a choisi de mettre en avant les couleurs de chaque chose qu’il est en train de vivre dans cette ultime journée, c’est très esthétique. Et j’aime ce que cela raconte sur le deuil ou la solitude, notamment chez les homosexuels dans l’Amérique des années 1950.
Une série ?
Dernièrement, j’ai adoré Rick et Morty, sur Netflix, un dessin animé où l’on suit un inventeur qui part dans des mondes parallèles avec son petit-fils. C’est merveilleusement insolent, complètement fou, très drôle, dans la lignée ouverte par Les Simpson et South Park, en plus grinçant et nihiliste. J’adore ce style d’humour-là.
Un documentaire ?
Ceux de chez nous de Sacha Guitry, qui date de 1915, sans doute le plus vieux documentaire qui existe. Il avait filmé les gens illustres du XXe siècle. On voit tous ces gens bouger, évoluer, des grandes légendes telles que Sarah Bernhardt, Rodin, Renoir, Monet dans son jardin… Et par-dessus, la voix off de Sacha Guitry. C’est étonnant de voir ces images.
Une exposition ?
Celle qui m’a le plus marqué est Mélancolie, génie et folie en Occident, qui était au Grand Palais. C’était sublime.
Un spectacle ?
Rouge, avec Niels Arestrup, l’une des plus grandes interprétations récentes que j’aie pu voir. Moins proche de nous, il y a eu Le Long voyage vers la nuit, que j’ai vue à New York avec Vanessa Redgrave et Philippe Seymour Hoffman.
Un peintre ?
J’ai une peinture chez moi de Jean Arcelin, un peintre que j’aime beaucoup. Il faisait beaucoup de peintures d’intérieur baroques ou des paysages de montagnes. Il a un coup de pinceau extraordinaire, cela fait plusieurs années que je le suis.
Un roman ?
J’ai lu récemment Les Gratitudes, de Delphine de Vigan.
Une bande dessinée ?
J’adorais Léonard de Turk quand j’étais plus jeune. Mais ma bande dessinée préférée de tous les temps, c’est Idées noires de Franquin.
Une recette de cuisine ?
La sole meunière, un des seuls plats que je sais faire et que je ne réussis pas trop mal. J’ai beaucoup de mal à faire la cuisine juste pour moi, mais quand je fais un plat, c’est plutôt la sole meunière.
Une activité sportive ?
Le roller, j’en fais beaucoup. Et le ski, quand c’est possible.
Une citation ?
Une mes préférées, c’est « Il y a deux tragédies dans la vie. L’une est de ne pas obtenir ce que l’on désire ardemment, et l’autre de l’obtenir » de George Bernard Shaw.
Votre actualité après le confinement ?
Ce sera la reprise de Marie des Poules en décembre si on déconfine, soit au Théâtre Montparnasse, soit ailleurs. Je suis très frustré, car je n’ai joué que dix fois ce spectacle dans la grande salle… Sinon, je suis en train de monter L’Important d’être Constant d’Oscar Wilde au Théâtre Tête d’or. Un spectacle qui devrait arriver à Paris en septembre prochain. Je vais aussi remonter une pièce de Gérard Savoisien, L’Esprit de Saint-Louis, sur l’aviateur Charles Lindbergh et ce sera avec Anne Bouvier, avec laquelle j’avais monté Mademoiselle Molière, également de Savoisien. Il est en train de devenir mon auteur contemporain fétiche, cela faisait longtemps que je cherchais.
Merci Arnaud !