Aux côtés de son compère Gilles-Vincent Kapps, Sandrine Molaro triomphe actuellement sur la scène du théâtre de Poche-Montparnasse pour la vibrante réinvention de L’Éducation sentimentale de Flaubert. Entre deux représentations, elle a bien voulu nous confier quelques-uns de ses coups de cœur.
Un album de musique ?
Sur chaque création de notre compagnie, nous avons toujours un album /totem… Un air qui rôde… Hot Dreams du groupe Timber Timbre pour Madame Bovary, Girpool pour L’Écume des jours et pour L’Éducation sentimentale : Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg.
Une chanson ?
River man, de Nick Drake, pour sa pleine beauté.
« Betty came by on her way …Said she had a word to say…About things today…And fallen leaves… »
Un clip ?
Thriller, de Michael Jackson. Je fais partie de ceux qui, pour des raisons professionnelles, en connaissent la chorégraphie par cœur !
Un film ?
Un film de Casavettes, n’importe lequel … Pour ces gros plans, cette caméra si proche, l’intimité, l’impudeur, l’effraction. Mais aussi Arizona dream d’Emir Kusturica pour sa douce folie, toutes les couleurs de Paris,Texas de Wim Wenders…
Une série ?
D’argent et de sang, réalisée par Xavier Giannoli. Cette série est inspirée de l’enquête Médiapart de Fabrice Arfi sur la fraude à la TVA sur les quotas de carbone, une série qui interroge brillamment nos valeurs dans un monde qui célèbre souvent la cupidité.
Un documentaire ?
On va tout faire péter, de Lech Kowalski. Le récit d’une révolution en marche. Ou comment rester digne face à l’injustice sociale et trouver la force de combattre pour ses droits.
Un livre ?
Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes. Mon livre de chevet quand j’avais à peu près l’âge de Frédéric Moreau au début du roman de Flaubert. Mon « éducation » sentimentale! Et c’est je me souviens aussi mon premier désir de mise en scène, j’ai retrouvé dernièrement un carnet rempli de dessins, de gestes, d’intentions, datant de cette période…
Une bande dessinée ?
Les dessins satiriques de Pawel Kuczinski. Des dessins garde-fous.
Une exposition ?
Alessandra Sanguinetti à la Fondation Cartier-Bresson : Les aventures de Guille et Belinda and the enigmatic meanings of their dreams and the illusion of and everlasting summer. Les deux filles de la Pampa les plus tendres, lyriques et jolies que je connaisse.
Un photographe ?
Anders Petersen et plus particulièrement la photographie de Lilly and Rose, photographie emblématique de l’album Rain Dogs de Tom Waits. Et tous les visages, les corps des images prises au Café Lehmitz.
Un spectacle ?
By heart, de Tiago Rodrigues : nous apprenons des mots, nous les disons, nous transmettons des histoires et cet acte fait résistance dans notre monde. Ce spectacle propose un partage de cette aventure avec le public et nous rappelle que la littérature appartient à tous et que nous veillons à travers elle à notre humanité.
Une recette de cuisine ?
« C’était sous le hangar de la charreterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre andouilles à l’oseille. ». Le banquet de noces des Bovary ! Chapitre quatre.
Une activité sportive ?
Votre trentième abonnement est résilié !
Une citation ?
« On devrait toujours être légèrement improbable » d’Oscar Wilde.
Une maxime dans la vie ?
« Aimer le tourbillon de la vie, rester ouvert, rester vulnérable. » Cette phrase est prononcée par un des protagonistes du documentaire Casa Susanna réalisé par Sébastien Lifshitz, ces mots me touchent par la simplicité de leur secret. Ce documentaire raconte les prémices de la transidentité dans les années 50-60 aux États-Unis et comment un espace clandestin a été un lieu pionnier d’émancipation.
Votre actualité ?
L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert au Théâtre de Poche Montparnasse du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h jusqu’au 25 mai 2024.
Merci Sandrine !







Un commentaire sur « LES COUPS DE COEUR DE LA COMÉDIENNE SANDRINE MOLARO »