Le Théâtre du Poche Montparnasse propose Les Mémoires d’Hadrien, dans une adaptation et mise en scène de Renaud Meyer, interprétée par Jean-Paul Bordes. Marguerite Yourcenar a commencé à écrire les Mémoires d’Hadrien à 20 ans et les a publiées à 40 ans, pensant qu’alors elle avait acquis davantage de maturité pour prêter ses mots à celui à qui elle a fait écrire une lettre à son fils adoptif Marc Aurèle.
“Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts.”
Un Hadrien réel face à un Hadrien fantasmé. L’empereur réel est évoqué dans le texte de Yourcenar par les faits historiques. Parent de Trajan auquel il succède, il est originaire d’Italicus, en actuelle Andalousie. L’empereur fantasmé est celui qui réfléchit sur la vie et la mort. Voici l’occasion d’entrer dans l’intimité d’un empereur, mais surtout dans celle de Marguerite Yourcenar. Sa mélancolie est la nostalgie du désir. Il médite sur le sens de la vie et sur la justice, mais aussi sur sa vie publique et intime, esthétique et hédoniste. Nous le suivons au gré de ses campagnes militaires, mais aussi lors de ses insomnies, arpentant les jardins de sa Villa de Tibur (aujourd’hui Tivoli).
“Je me sentais responsable de la beauté du monde.”
Le dépouillement de l’interprétation est peut-être un choix hasardeux, car il s’apparente à celui d’une sorte d’homélie hypnotique qui empêche d’entrer dans l’intimité de l’empereur. Peut-être l’éloquence et le ton grandioses de Jean-Paul Bordes, sociétaire de la Comédie française, manquent-il d’un peu de naturel pour la scène intimiste de la Salle basse du Théâtre de Poche Montparnasse.
“Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres.”
La très belle scénographie, signée Marguerite Danguy des Déserts, se marie à merveille avec la lumière de Jean-Pascal Pracht et la création sonore de Bernard Vallery. Marguerite Danguy des Déserts interprète par ailleurs Ariel dans La Tempête,également à l’affiche du Poche Montparnasse. Sa toile peinte d’une carte géographique aux tons harmonieux, est tantôt cape, traine, chemin ou évocation d’Antinoüs. La base de colonne antique est le support d’une bassine de cuivre. Son chatoiement joue avec les expressions de l’empereur, sa couronne de laurier et l’élément qui clos le spectacle dans un hommage ultime à la civilisation romaine et que nous vous laissons découvrir.
“C’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt.”
Les mémoires d’Hadrien au Théâtre de Poche Montparnasse
Adresse : 75, Bd du Montparnasse 75006 Paris
Représentations jusqu’au samedi 13 juillet 2024
Du mardi au samedi à 19h
Tarif plein 28 € / tarif réduit 22 € / – de 26 ans 10 €





