C’est souvent l’apanage des jeunes compagnies de proposer des spectacles qui sortent des sentiers battus. C’est le cas de Nox Solem et ces Enragés qui offrent une réflexion sur la filiation (im)pertinente, en mélangeant les genres. À applaudir au Funambule Montmartre jusqu’à la fin du mois.
Ismaël vient de tenter de commettre un braquage. Son but, trouver de l’argent pour aider sa mère malade à se soigner. Ayant échoué, il tente sa dernière chance : rencontrer son père qu’il n’a jamais vu, un écrivain de renom, dans l’espoir non pas d’être reconnu, mais au moins écouté. Il rencontre au passage Marilou, assistante du célèbre auteur, mais également sa maîtresse. Et tout va basculer, tandis qu’un officier de police se lance sur la trace d’Ismaël…
Les Enragés est un spectacle autant sur la filiation que sur le paraître et les non-dits. Tout le monde recèle son lot de secrets, même les personnages hors-champ, dont on ne fait que parler. Seul Ismaël semble en paix avec lui-même. Il ne connaît pas son père, mais a été élevé par une mère qui lui a suffi. Et s’il veut se confronter à la réalité, tout en doutant de sa véracité, c’est davantage pour elle que pour lui. Il ne vient pas chercher un parent, mais un chèque. Un chèque qui compenserait toutes ces années d’absence. Mais frappe-t-il vraiment à la bonne porte ? Ce père qui ne dit pas son nom ne souhaite pas avoir d’enfant, cette assistante orpheline cherche-t-elle un père de substitution ou le père de son futur bébé, ce policier est-il si clément par hasard ?
Autant de questions que soulève ce spectacle qui mélange à la fois comédie romantique, thriller, polar, drame familial avec de nombreuses audaces de mise en scène de Margot Cendrier et des comédiens au diapason, Adèle Abonneau et Thibault Gueye, jeunes pousses surdouées et tout aussi enragées que le titre de la pièce. Enragées de vivre, d’aimer et de passer au-delà de leurs limites. Il serait dommage de ne pas vibrer avec eux.
Les Enragés, au Funambule Montmartre (53 rue des Saules 75018 Paris) jusqu’au 29 septembre.







