En plein coeur de la période électorale outre-Rhin, nous sommes allées voir Guten Tag madame Merkel avec grande curiosité ! Deux actrices principales en alternance Anna Fournier et Candice Bouchet pour un fabuleux scénario.
Née à Hambourg, Angela Merkel a 3 mois lorsqu’elle déménage en 1954 en RDA avec sa famille pour suivre son père pasteur protestant, en pleine évangélisation dans une RDA où la religion est l’ennemi. Destinée à devenir chimiste, elle vit alors bien loin de la politique et ne participe pas à la chute du Mur en 1989 lui préférant son sauna hebdomadaire.
D’un poste de secrétaire générale de la CDU, un intitulé de poste « qui va de soi » pour une femme, car d’après Merkel, une femme au milieu d’hommes sait ce qu’on attend d’elle ; elle évolue, à la surprise de tous à la place de chancelière d’Allemagne.
Plusieurs personnages s’immiscent dans l’histoire au cours des 16 années de mandat de Merkel. Sarkozy et ses coups de téléphone intempestifs. Poutine qui veillait à toujours venir aux entrevues accompagné de son labrador. Obama, qui contrairement à son image médiatique n’était pas l’interlocuteur le plus amical du panel de dirigeants et François Hollande, préoccupé de trouver un souvenir à rapporter de Moscou ! Ce que conclut la pièce, c’est que ma fin du mandat de madame Merkel coïncide sans doute avec la fin d’une époque dans ce paysage de politiciens.
Les crises sont abordées sous forme de récits. Tsipras qui négocie avec Merkel l’avenir de son pays. La crise des subprimes, la crise de l’immigration, la crise de covid. Jugée plutôt apte pour gérer les crises, Merkel n’était néanmoins pas la plus rapide à la prise de décision, ce que raconte cette pièce, écoutant les avis des protagonistes longtemps allant jusqu’à s’enliser dans certaine situations.
Une dirigeante surnommée Mutti, « maman », par ses concitoyens, qui a refusé de faire des enfants pour se consacrer à son peuple. Son mari Joachim, qu’elle côtoie pendant tout ce temps et avec qui elle prépare de simples soupes aux pomme de terre le soir en rentrant du travail, souvent bien après 21h, pour elle qui ne dort que quelques heures par nuit ! Elle prend d’ailleurs le nom Merkel de son ancien mari.
L’héritage qu’a laissé Merkel après 16 ans de mandat se solde par des tensions au niveau politique avec les préoccupations actuelles.
À la mort de son père, et quelques minutes avant une allocation télévisée, sur le nucléaire, Merkel ne renonce pas à paraître à la télévision.
Alternant entre théâtre, mime, ce seul-en-scène réussi nous conte le récit de madame Merkel sous le ton de l’humour, sans tomber dans la morale politique ou le récit historique.





