LES COUPS DE COEUR DE L’HUMORISTE KARIM DUVAL

Il triomphe en ce moment sur la scène de la Gaité Montparnasse avec son dernier seul en scène, Entropie. Avant de le retrouver sur scène et entre deux représentations, il a bien voulu nous confier ses coups de cœur.

Copyright Caroline Bazin

Une chanson ?

Golden Slumbers, de Paul McCartney. Pour moi, c’est une chanson iconique. Dès que j’entends le premier accord, la première note, ça me fout les poils. Et à son dernier concert, il a fini par ça. Un concert de quasiment trois heures à 82 ans. C’était beau, d’autant qu’il y avait dans le public toutes les générations et pas que des boomers. Il y avait même des gamins de 20 ans qui étaient encore plus à fond que moi. J’aime beaucoup les Beatles, même si je n’en suis pas un connaisseur pointu. Et ces jeunes-là, eux, je sentais qu’ils étaient pointus, parce que c’était leur seule manière d’avoir accès aux Beatles. Aujourd’hui, on n’écoute pas juste ce qu’on nous sert. Aujourd’hui, on va se servir.

Sinon, aucun rapport, mais j’aime beaucoup la version d’I Will Survive par le groupe Cake ou des morceaux comme Killing Me Softly ou My Way. J’aime les chansons où, avant d’arriver au refrain, on passe par plein de modulations, avant d’envoyer vraiment. C’est pour ça que j’aime bien les longs propos et les vannes qui n’arrivent pas tout de suite, faire des digressions… J’aime bien les digressions mélodiques.

Un album ?

Je ne peux pas reciter les Beatles comme le White Album. Ce sera alors Fashion Nugget, de Cake. C’est un album que j’aimerais bien emporter sur une île, si je devais choisir.

Après, côté musique française, J’aime bien les Fatal Picards, pour rire. Mon fils écoute ça beaucoup, il aime bien l’humour un peu trash, mordant. Ce sont de sacrés musiciens, c’est très fort.

Un film ?

Good Morning England. Parce qu’il y a de la super musique de vieux. Parce que c’est beau, avec des moments très profonds. Mais je peux citer aussi Little Miss Sunshine, Captain Fantastic, Big Fish (mon Tim Burton préféré)… J’aime bien ces manières de raconter autrement la réalité. Je suis fasciné par les gens qui arrivent à embellir les histoires.

Et puis, j’aime bien les films un peu fous comme Chat Noir, Chat Blanc, complètement taré et surréaliste, avec de la musique tzigane.

Un documentaire ?

J’ai vu récemment une vidéo sur youtube qui s’appelle L’horreur existentielle de l’usine à trombones. C’est sur un mec qui raconte l’expérience d’un jeu très minimaliste où il faut juste cliquer sur un bouton pour fabriquer des trombones. Et au bout de mille trombones fabriqués, tu as généré suffisamment d’argent pour… avoir une machine à fabriquer des trombones. Et donc, tu peux avoir deux machines, trois machines, dix machines et au bout d’un moment, tu peux avoir développé des pôles innovation qui te permettent de mieux réfléchir à comment mieux fabriquer des trombones. En fait, le jeu s’emballe et petit à petit, tu te retrouves à gérer des lois, des portefeuilles d’actions qui permettent de financer des usines à trombones. Et voilà, tu deviens un fonds d’investissement, ça te dépasse complètement et une IA gère l’usine pour toi. Et son but à elle, c’est de maximiser le profit et au regard de cet objectif unique, quantifiable, elle est prête à tout, quitte à de tuer des êtres humains pour aller extraire des métaux parce qu’elle a épuisé toutes les ressources de métal sur Terre pour fabriquer les trombones. Ce film, marquant, parle du danger que représente l’IA aujourd’hui.

Un livre ?

Je suis en train de lire, enfin, Les Misérables de Victor Hugo. Mais sinon, il y a aussi La vie devant soi. Je ne suis pas un gros lecteur, mais j’aspire à le devenir ! Et lire est une de mes activités préférées.

Je peux aussi citer Les Envolés, sur un gars qui raconte l’histoire de son grand-père ou de son arrière-grand-père, qui avait essayé de voler, d’inventer des ailes. Et donc, il raconte tout le processus qui l’a mené à essayer de voler, avec une histoire d’amour derrière, au début du XXe siècle.

Un manga ?

J’en ai lu très peu. Mais j’ai été marqué par La Cantine de minuit. C’est une série de livres pour adultes plutôt cool :  l’histoire d’un restaurant à Tokyo qui n’ouvre que la nuit. Donc à partir de minuit, le patron fait à manger aux gens qui viennent, avec ce qu’il a. Et c’est toujours des petites histoires de gens qui ont besoin d’aller au restaurant à minuit, un peu sombres ou un peu underground, des prostituées, des vieux qui s’ennuient…

Un musée ?

Le musée Cinéma et Miniatures à Lyon que j’ai fait avec mes enfants. Cela devait faire 10 ans que je n’y étais pas allé. J’avais oublié. C’est une prouesse, toutes ces miniatures. C’est un art qui est sous-estimé, je trouve. Ce sont des mini tableaux en trois dimensions. Tu vois la déchéance de quelqu’un, tu vois la tristesse, tu vois l’espoir. C’est bluffant techniquement, ça raconte quelque chose.

Un spectacle ?

J’ai vu à Avignon, Arianne, un pas avant la chute. C’est génial, déjanté, drôle, moderne, un coup de cœur.

Ou encore Lumière ! C’est vraiment très, très beau, très bien fait, une pièce qui raconte beaucoup sur l’époque, qui résonne avec les dérives qu’il peut y avoir autour de l’innovation.

Une recette de cuisine ?

J’aime beaucoup cuisiner les choses assez simples, plus dans mon répertoire marocain et mon répertoire asiatique. À la maison, c’est moi qui cuisine ces plats-là. Je suis assez conservateur sur la cuisine asiatique, certainement parce que j’ai hérité ça de ma mère qui elle-même, a essayé de faire vivre son héritage chinois quand on était au Maroc, avec les moyens du bord. Par contre, la cuisine marocaine, j’ai vraiment baigné dedans. Je viens de Fès, qui est la ville capitale culturelle, gastronomique et spirituelle du pays. J’aime bien faire la harira. C’est très bon.

Une activité physique ?

Le tennis. J’en parle dans mon spectacle. Mon fils en fait, moi j’en ai toujours fait, ou plutôt j’en ai toujours mal fait. Je ne désespère pas d’en faire bien un jour. Je m’y intéresse de près. C’est vraiment un sport qui est passionnant, très technique, complet, qui véhicule de belles valeurs. Un sport individuel, mais qui incite à faire des sports collectifs. J’aime beaucoup le foot aussi.

Une maxime dans la vie ?

Pas vraiment. J’aime bien citer un proverbe marocain « zreb, t’âattal » qui veut dire « dépêche-toi et tu prendras du retard ». Bref, des petites incitations à la lenteur.

Votre actualité ?

Mon spectacle, au Théâtre de la Gaité et en tournée partout en France. Sans oublier mes chroniques sur France Inter et les vidéos que je poste de temps en temps sur mes réseaux sociaux.

En actualité ponctuelle, chaque année j’organise le bac philo des humoristes. Ce sera la cinquième édition. J’y suis MC, je n’y participe pas, mais j’invite les meilleurs humoristes du moment le jour du vrai bac philo. Cette année, ce sera le 16 juin. Les humoristes que je convoque choisissent le matin un sujet, écrivent un sketch traitant du sujet et le jouent le soir devant le public. Sans oublier mon livre, Le Petit Précis de Culture Bullshit. C’est parti d’un délire d’une vidéo où j’incarne un prof de franglais. J’ai écrit ça il y a plus de 5 ans, c’était marrant à faire et on en a vendu plus de 8 000 exemplaires !

Merci Karim !

Publié par

Journaliste de formation et amoureux de Paris, J’ai écrit pour différentes publications à gros tirage (Questions de femmes, Le Républicain Lorrain, Carrefour savoirs, Aux petits oignons…) et pour des sites culturels (Evene.fr, Grand-Ecart.fr…). Pour Fille de Paname, je rédige articles et interviews essentiellement dirigés vers la culture. julien@filledepaname.com

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