LES COUPS DE COEUR DE LA CHANTEUSE MAGALI MICHAUT

Magali Michaut a deux passions : la musique et la science et elle parvient à combiner les deux avec talent. Pour preuve, la sortie prochaine de son nouvel EP et ses concerts qui prouvent qu’on peut à la fois manipuler des notes de musique et des séquences ADN. Entre deux répétitions, elle a bien voulu nous confier ses coups de cœur du moment.

Un album ? 
Je pense à l’album Les failles cachées, de Pomme. Pour moi, ça correspond au moment où, après plus de 15 ans à l’étranger, j’ai commencé à découvrir la scène en France (j’ai écrit mes premières chansons à Toronto et fait mes premières scènes à Amsterdam). Et là je me suis dit : « Wahou ! En fait, je ne suis pas toute seule, y’a plein d’autres artistes qui font comme moi ! ». Seule sur scène avec sa guitare, ses chansons tristes un peu folk, son grain de voix et son authenticité, Pomme était très inspirante et ça a été jubilatoire de la voir avancer dans son projet et gagner aux Victoires de la musique.


Une chanson ?
Alors là, c’est dur… Je pourrais parler de la chanson Nous ne serons jamais d’Aldée que j’ai découverte en acoustique lors d’un stage à la Manufacture chanson et qui m’a filé une grosse claque de douceur et d’émotion. Je pense aussi à la chanson d’Anne Sylvestre Écrire pour ne pas mourir, qui dit l’urgence de l’écriture. Au tout début, et avant de connaître cette chanson, j’avais écrit Chanter pour oublier. Bon ce n’était pas terrible, mais ça venait d’une urgence intérieure difficile à expliquer. Je pourrais aussi parler de La boxeuse amoureuse d’Arthur H, de Tant qu’il y aura des hommes de Frédéric Bobin, ou de La marée haute de Lhasa de Sela… 


Un clip ?
J’ai été pas mal impressionnée par le clip King of Sea, de Kwoon. Au début, j’admirais la partie technique et puis rapidement, je me suis laissée embarquer par l’histoire, la musique, les émotions.


Un film ?
J’ai adoré le biopic sur Alan Turing The imitation game et plus récemment Le théorème de Marguerite. J’aime bien quand la recherche (en maths, en informatique ou plus largement) est portée à l’écran de manière pertinente. Sinon, je me rappelle d’émotions très fortes en regardant Palm trees in the snow ou Au revoir là-haut.


Une série ?
Même si j’ai beaucoup aimé Borgen et Broen, pour moi LA série, c’est Le Bureau des légendes.


Un documentaire ?
Je commencerais par citer Merci Patron ! de François Ruffin, un des rares politiques que je peux écouter parler sans m’énerver (en tout cas pas contre lui). Et puis, je sais pas si on peut parler de documentaire, mais j’aime bien les films basés sur des événements passés, comme cette injustice dramatique aux Etats-Unis dans les années 90 sur laquelle est basé le film When they see us ou aussi les films
documentaires / biographies comme Dolly Parton: Here I am.
 


Un livre ?
Je me suis régalée avec La poésie des marchés d’Anne-Laure Delaye, un roman qui tient toutes les promesses de son titre : à la fois léger, plein d’humour, sérieux et poétique. C’est l’histoire un groupe d’amis qui travaille dans une grosse boîte et cherche à redonner du sens à sa vie : « quand le monde menace de s’effondrer, peut-on se contenter de remplir des tableaux Excel ? ». J’ai pas mal souffert en lisant À trop aimer d’Alissa Wenz, qui arrive à nous embarquer dans la complexité d’une relation toxique. J’ai aussi adoré D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan ou Désorientale de Négar Djavadi. Je pourrais continuer longtemps…


J’ai beaucoup d’auteurs favoris, je voudrais citer la saga des Malaussène de Daniel Pennac ou Mercure d’Amélie Nothomb. J’ai beaucoup apprécié plusieurs essais de Mona Chollet, notamment Sorcières, la puissance invaincue des femmes. En termes de créativité, j’ai trouvé très inspirant The art of possibility, le livre de Rosamund Stone Zander et Benjamin Zander ou L’écriture comme un couteau d’Annie Ernaux.


Une bande dessinée ?
L’éternité béante, et si Einstein revenait ? notamment d’Étienne Klein sur l’espace-temps au travers de la physique des 80 dernières années. Là encore : profondeur, humour et poésie ! J’adore ! Et il n’est pas impossible qu’il y ait une petite surprise en lien avec cette réponse sur mon prochain album… mais je ne dévoile rien encore !



Une photographie ?
Le cliché 51, ça ne dira sans doute pas grand-chose. Il s’agit d’une image de diffraction obtenue par cristallographie aux rayons X par Raymond Gosling sous la direction de Rosalind Franklin. Ce cliché, qui a été montré par Maurice Wilkins à James Watson à l’insu de Rosalind Franklin, a été un élément déterminant dans l’élaboration du modèle tridimensionnel de l’ADN – des travaux qui ont valu le prix Nobel à Watson, Crick et Wilkins mais pas à Franklin.

Par Raymond Gosling


Un spectacle ?
Dans la catégorie concerts, j’ai eu la chance d’assister au BD-concert des Fatals Picards à Lyon l’année dernière (pendant le concert, quatre dessinateurs se relayaient pour illustrer chaque chanson en live, le tout projeté sur grand écran). Déjà un concert des Fatals Picards, c’est une ambiance incroyable, et avec en plus la dimension BD en live, c’était mémorable ! Au-delà des concerts, j’ai eu la grande chance de voir le spectacle Qui demeure dans ce lieu vide, d’Emma la Clown à la Scala de Paris. Superbe ! J’ai découvert Emma notamment par ses causeries : des discussions avec différents intervenants comme Hubert Reeves, Étienne Klein, Juliette, Médéric Collignon et d’autres. C’est à la fois profond, léger, plein d’humour et de poésie : remarquable ! Sinon j’ai beaucoup aimé Les raisons de la colère au Théâtre Michel, adapté et mis en scène par Xavier Simonin (avec Jean-Jacques Milteau à la direction musicale). Et puis, tout dernièrement, j’ai vu Karim Duval et son superbe spectacle Entropie à la Gaité Montparnasse. À ne pas louper !


Un plat préféré ?
Ayant vécu à Amsterdam pendant six ans, je vais dire pindakaas !! Bon, ce n’est pas un plat, mais si on connaît un peu les Pays-Bas, on comprend. Helaas pindakaas ! Et pour ma période actuelle au Danemark, je citerais l’irremplaçable smørrebrød.
 
Une activité sportive ?
J’ai pratiqué le tennis pendant longtemps et j’ai toujours adoré jouer au foot avec les copains. Quand je vivais à Cambridge, j’ai même fait un match Oxford vs Cambridge (qu’on avait perdu d’ailleurs). Mais ça, c’était avant ma rupture du ligament croisé sur un terrain de foot dans le noir, le froid et le vent un soir d’octobre au Danemark (après avoir marqué un doublé)…
 
Une citation ?
 “Je fais parler les fantômes pour qu’ils cessent de me hanter” de Nina Bouraoui, Tous les hommes désirent naturellement savoir.
 
Une maxime dans la vie ?
Je sais pas si c’est une maxime, mais j’aime bien suivre les conseils de Marie Forleo et me convaincre qu’Everything is figureoutable.
 
Votre actualité ?
Le plus important : mon concert le dimanche 25 mai à 18h au Théâtre de l’Echo pour la sortie de l’EP. Dans le Grand-Est, je vais participer au Festival Troyes Chante début juin ! Pour le reste, je vous invite à aller voir sur mon site ou, encore mieux, à t’inscrire à ma newsletter !

Merci Magali !

Publié par

Journaliste de formation et amoureux de Paris, J’ai écrit pour différentes publications à gros tirage (Questions de femmes, Le Républicain Lorrain, Carrefour savoirs, Aux petits oignons…) et pour des sites culturels (Evene.fr, Grand-Ecart.fr…). Pour Fille de Paname, je rédige articles et interviews essentiellement dirigés vers la culture. julien@filledepaname.com

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