Hollywood Brûle, la première création de Marie Reignier investit le Studio Hébertot du 4 septembre au 26 octobre 2025. La jeune auteure et metteuse en scène signe ici sa première production. Ce drame contemporain plonge le public dans le Los Angeles des années 1950, un univers d’espoirs contrariés et de tensions familiales où le rêve hollywoodien se mesure à la dureté du réel.
Les ailes brûlées d’un rêve Sur la scène du Studio Hébertot, Marie Reignier signe à la fois l’écriture, la mise en scène et joue sur scène. Dans le Los Angeles des années 1950, Jack Morrison (Dorian Pla-Moreaux), jeune mécanicien au sourire éclatant, rêve de devenir acteur. Autour de lui gravitent son père Bob (Jérôme Godgrand, au jeu touchant), la secrétaire Maggie (Marie Reignier, tout en retenue), son ami Marcus (Axel Kengne) et l’homme d’affaires Andréa Russo (Thierry Mulot). Un cercle de destins contrariés où se nouent espoirs et renoncements.
Nous saluons l’excellent Jérôme Godgrand qui campe un Bob Morrison plus vrai que nature.
Tout démarre dans la légèreté : Jack exécute un numéro de claquettes, celui de Gene Kelly dans Chantons sous la pluie. L’illusion cinématographique, vite fissurée, laisse place à la réalité d’une Amérique inquiète. Sous la surface dorée d’Hollywood grondent la lassitude ouvrière, le capitalisme triomphant et la lente agonie des petites entreprises familiales.
Un drame social sous tension Marie Reignier tisse une histoire de père et de fils où la tension monte à mesure que le rêve s’éteint. Bob, le patriarche, incarne un monde ancien, attaché à son garage comme à une mémoire du travail manuel. Jack, lui, regarde vers les étoiles des studios et des fast-foods qui envahissent les routes américaines. Derrière cette confrontation, on devine la fin d’une époque, le basculement vers une société de consommation dont les néons clignotent encore dans nos villes.
Le texte aborde les non-dits familiaux, la résignation et la peur de passer à côté de sa vie. Quand Jack, acculé par les circonstances, se résout à reprendre le garage « pour un mois », il devient un homme contraint de renoncer à son rêve par devoir.
Une mise en scène en clair-obscur La mise en scène, sobre et rythmée, découpe l’espace autour d’un escalier central, permettant aux personnages d’entrer et sortir comme dans une bobine de film. La création lumière de Laurela Delle Side joue sur des tons orangés, presque incandescents, évoquant la fournaise hollywoodienne. Les costumes de Guenièvre Lafarge prolongent cette harmonie crépusculaire : vestes en tweed, robes pastel et traces de cambouis se mêlent dans une élégante cohérence.
Les vidéos d’Adrien Vu Van ajoutent des éclats de pellicule, comme un miroir brisé du rêve américain. Ce dialogue entre théâtre et cinéma devient une toile mouvante, où se projettent les illusions perdues d’une génération. En filigrane, la pièce résonne étrangement avec notre époque : disparition des métiers, emballement technologique, promesses d’un futur incertain.
Ce projet marque les débuts de Marie Reignier, qui offre avec Hollywood Brûle une réflexion sur le rêve américain. Celle-ci résonne avec les enjeux sociétaux actuels.
Actualités de « Hollywood brûle » Cette première exploitation au Studio Hébertot s’est révélée très réussie, avec d’excellents retours de la presse et du public, qui a vivement apprécié la pièce. L’objectif est désormais de la remonter dans un autre théâtre parisien, ou peut-être même à Avignon.
Marie Reignier se prépare également à présenter un projet de court-métrage à des producteurs lors du Festival européen du court-métrage de Brest, en novembre, avec l’ambition de le faire produire et tourner en 2026.
Au cours de l’été, Marie Reignier a aussi écrit une nouvelle pièce de théâtre qu’elle compte retravailler. D’autres projets de courts et longs-métrages, ainsi que plusieurs pièces (certaines encore à l’état d’ébauche), sont déjà en préparation.

(Partenariat=> Nous avons été invitées mais ça ne change rien, nous avons vraiment adoré puisque nous faisons l’article à la suite :)




