LES COUPS DE COEUR DE L’ARTISTE FÉLIX RADU

@JON VERHOEFT

Humoriste, poète, comédien, dramaturge et maintenant chanteur/slammeur, Félix Radu est un artiste touche-à-tout dont l’amour des mots avec lesquels il joue si admirablement, nous touche au cœur et à l’âme. Le voici désormais sur scène pour interpréter ses textes en musique, avec la même magie, innocence et recul sur la vie qui l’animent depuis ses débuts. Et pour la peine, il nous livre quelques-uns de ses coups de cœur.

Un album ?

À l’ancienne, je pourrais citer tous les albums de Jacques Brel que j’ai poncés, mais c’est peut-être un peu trop classique comme réponse. Plus récemment, j’aime beaucoup le travail de Gregory Alan Isakov avec l’album This Empty Northern Hemisphere. C’est du ciel étoilé en musique, je le mets à chaque fois que je me sens mélancolique et qu’il fait nuit.

J’aime beaucoup aussi Jeff Baker et en très récent, j’ai découvert Kemmler, un infini poète, un grand gaillard qui donne à chaque fois l’impression de s’effondrer. Une grande poésie dans sa plume.

Une chanson ?

Ma chanson préférée, c’est L’Orage de Georges Brassens, très doux comme musique.

Un film ?

Le Cercle des poètes disparus, sans doute le film de mon existence, que je connais par coeur. L’âme du film me bouleverse, le thème de la transmission poétique, Robin Williams qui est à son zénith… Il n’y a rien de plus triste qu’un sourire de Robin Williams, ça me fend le cœur à chaque fois. C’est la définition parfaite de l’urgence infinie de vivre. C’est sans doute ce film qui m’a fait me marier avec la littérature et la poésie avant l’école et qui m’a même sauvé de m’en faire dégoûter par l’école, car j’avais en tête la voix et la tête de Robin Williams qui dit « Carpe Diem ».

Une série ?

J’adore les Black Mirror car cela pose infiniment de questions. Il faut voir cette série avec des amis pour pouvoir en débattre ensuite. Sinon j’ai beaucoup aimé la saison 1 merveilleuse de Mister Robot ou Westworld ,même si elle est un peu tombée dans l’oubli. 

Et comme tout le monde, Friends, qui est au-delà d’une série : c’est un ami que tu invites dans ton salon, elle habite à elle seule une pièce. Quand t’es pas bien, tu mets Friends et tu n’es plus tout seul.

Un documentaire ?

J’aime les documentaires qui retracent les grandes avancées scientifiques, tels ceux qui ont été faits sur Albert Einstein, ou sur Niels Borh, la mécanique quantique… J’ai adoré l’expérience de Young et le comportement de la lumière, il y a eu un documentaire fascinant dessus qui peut t’empêcher de dormir pendant longtemps.

Un livre ?

Le Chandelier, d’Alfred de Musset, qui est bouleversant de pathétisme. Je retrouve dedans le mien, moi qui me sens si pathétique. C’est moi en littérature. Je l’ai découvert à 21 ans quand je suis monté à Paris. J’étais alors en Classe libre du Cours Florent et le professeur nous a distribué à tous une pièce de Musset et j’ai eu Le Chandelier. J’étais déçu sur le coup, mais il m’a conseillé de la lire. J’ai été bouleversé. La situation est terrible de brutalité et son personnage fend le coeur. 

Un anime ?

Your Name qui est très beau. 

Une exposition ?

L’Atelier des Lumières qui rend vivantes les œuvres. Récemment, j’ai fait une exposition sur la lumière à la Villette que j’avais beaucoup aimée.

Un spectacle ?

Va aimer, d’Eva Rami et Bart dans Victor Hugoat. C’est incroyable.

Une activité sportive ?

L’ultra trail. J’en ai beaucoup fait ces derniers temps. J’avais été invité par erreur une fois et on m’invite à chaque fois, alors que je ne suis pas du tout assez sportif pour ça. Je suis toujours accroché au sac de quelqu’un comme un Tamagotchi. J’ai eu l’occasion comme ça d’aller au Maroc, en Tanzanie et j’irai bientôt au Mont Blanc. J’ai beaucoup de chance.

Un plat ?

Les courgettes frites de ma grand-mère, coupées en fines lamelles, que tu roules dans la farine et que tu mets dans une friteuse car les Belges mettent tout dans des friteuses. C’est délicieux.

Une maxime dans la vie ?

« C’est la beauté qui sauvera le monde » de Dostoïevski dans L’Idiot. Un livre auquel je me suis beaucoup identifié.

Votre actualité ?

Mon album, Infini + 3, qui prend le pas sur tout le reste et la tournée qui en découle. J’ai aussi une bande dessinée qui va bientôt voir le jour. 

Pourquoi vous êtes-vous mis à la musique, justement ?

J’ai eu l’occasion de faire des chroniques sur la Première en Belgique et c’est la première fois qu’on m’offrait une tribune pour dire ce que je voulais, dans une liberté totale. J’y ai fait notamment un poème qui a bien marché et finalement, j’ai développé une sorte de format étrange où je m’amusais beaucoup et ce format était retéléchargé sur les réseaux sociaux par des gens qui mettaient des musiques en arrière fond. J’ai ainsi compris que dans mes textes et ma voix, il y avait une musicalité que je n’avais jamais explorée encore. J’ai contacté des compositeurs pour mon plaisir personnel, sans but ni ambition et une semaine après l’enregistrement, un directeur artistique qui a pu les écouter a adoré et a voulu en faire un album. Je n’ai pas eu envie de faire partie du monde musical, mais je fais quelque chose qui n’a pas de nom, qui ne ressemble à rien de ce qui se fait et du coup, cela me va très bien. Et je me sens d’autant plus heureux que je peux exprimer tout ça sur scène dorénavant, avec des réarrangements musicaux plus rock. L’album prend alors une autre dimension. 

Merci Félix !

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Journaliste de formation et amoureux de Paris, J’ai écrit pour différentes publications à gros tirage (Questions de femmes, Le Républicain Lorrain, Carrefour savoirs, Aux petits oignons…) et pour des sites culturels (Evene.fr, Grand-Ecart.fr…). Pour Fille de Paname, je rédige articles et interviews essentiellement dirigés vers la culture. julien@filledepaname.com

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