Après une première journée dans le Soissonnais-Valois déjà riche en surprises, je pensais avoir compris ce qui faisait le charme de la région ! C’était sans compter sur Raphaëlle, notre formidable guide de l’Office de Tourisme, qui nous réservait une succession de découvertes aussi inattendues que fascinantes. Attention grosse journée riche en découverte à venir ! Mon amie et moi étions loin d’imaginer tout ce que cette deuxième journée allait nous offrir.
Nota bene : vous pouvez cliquez sur les photos pour les agrandir. (Ces photos ne sont pas libres de droits, copyright Fille de Paname, n’hésitez pas à me contacter pour tout renseignements).
Des trésors cachés à Mont-Notre-Dame
Le lendemain matin, Raphaëlle vient nous chercher à l’hôtel avec la même énergie communicative que la veille. Première étape : Mont-Notre-Dame. Autant être honnête, je n’avais jamais entendu parler de ce petit village avant ce séjour. Et pourtant, il abrite une véritable pépite : son église Art déco. Perchée sur une butte dominant les paysages environnants, l’église Sainte-Marie-Madeleine surgit presque là où on ne l’attend pas. Sa silhouette imposante se dessine au loin, avec sa flèche élancée culminant à près de 70 mètres, comme un phare veillant discrètement sur le territoire. On imagine difficilement, en arrivant dans ce paisible village de quelques centaines d’habitants, découvrir l’un des plus remarquables témoignages de l’Art déco religieux en France. L’histoire du lieu est bouleversante. Une ancienne collégiale médiévale se dressait ici depuis des siècles. Détruite lors de la Première Guerre mondiale, elle est dynamitée en 1918 alors que les combats ravagent encore la région. De cet édifice chargé d’histoire subsistent aujourd’hui quelques vestiges et une crypte romane. Mais au lieu de reconstruire à l’identique, un choix audacieux est fait : imaginer une église résolument tournée vers la modernité. Entre 1929 et 1933, les architectes Georges Grange et Louis Bourquin donnent ainsi naissance à une œuvre spectaculaire, considérée comme le plus vaste et le plus coûteux chantier de reconstruction religieuse de l’Aisne après-guerre.














Dès que l’on pousse les portes, la surprise est totale. Ici, l’Art déco s’invite dans le sacré avec une élégance rare. Les lignes géométriques dialoguent avec des inspirations romanes et gothiques, le béton armé côtoie la pierre de taille, tandis que chaque détail semble avoir été pensé comme un élément d’un vaste ensemble harmonieux. On lève les yeux sans cesse : vers les volumes impressionnants, les ferronneries délicates, les sculptures d’Ernest Sediey, les fresques d’Eugène Chapleau ou encore la chaire finement travaillée. Mais ce sont peut-être les vitraux qui m’ont le plus émue. Réalisés par le maître-verrier parisien Jacques Damon d’après les dessins de René Bour, ils transforment littéralement l’atmosphère du lieu. Au fil des heures, la lumière colore les murs de reflets changeants, enveloppant l’église d’une douceur presque irréelle. On comprend alors que cette visite dépasse largement la découverte d’un monument : c’est une véritable expérience sensible. Une église toute douce et affable, loin de l’austérité de certaines ;)
Je crois que c’est précisément ce que j’aime dans ces escapades : ces moments où l’on accepte de quitter les itinéraires les plus connus pour se laisser surprendre. Qui imaginerait trouver, au détour d’un petit village du Soissonnais, un chef-d’œuvre aussi singulier ? Grâce aux anecdotes passionnantes du guide présent (faisant partie de l’association La Nostra qui fait vivre et découvrir ce patrimoins exceptionnel … et que je remercie encore), nous apprenons à lire les symboles, à comprendre les choix architecturaux et à mesurer combien ces territoires portent en eux des trésors souvent méconnus. Je suis ressortie de cette visite émerveillée, avec la sensation d’avoir découvert un secret bien gardé. Une preuve supplémentaire qu’il suffit parfois de s’éloigner un peu des grands circuits touristiques pour vivre les plus belles surprises.


























Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller voir Les Fantômes de Paul Landowski ( à qui l’on doit notamment le Christ Rédempteur de Rio dit aussi le Christ Corcovado), monument commémoratif de la bataille de la Marne, mais si vous aimez l’art déco, il parait que cela vaut vraiment le détour !
Direction le château de Septmonts
Nous poursuivons notre découverte au château de Septmonts, l’un des grands coups de cœur de ce séjour. Niché dans un écrin de verdure à quelques kilomètres seulement de Soissons, ce lieu semble tout droit sorti d’un livre d’histoires. Dès notre arrivée, le regard est irrésistiblement attiré par son spectaculaire donjon médiéval aux allures de château de princesse. Avec ses tours élancées coiffées de toits coniques, sa pierre claire et son élégance intemporelle, il dégage une atmosphère presque irréelle. Ancienne résidence de campagne des évêques de Soissons, le domaine témoigne de plusieurs siècles d’histoire. Édifié à partir du XIIIᵉ siècle puis transformé au fil du temps, il mêle avec harmonie l’austérité défensive de l’architecture médiévale et le raffinement des époques plus tardives. On prend plaisir à déambuler autour des bâtiments, à observer les détails sculptés, les ouvertures, les différentes tours qui racontent chacune un morceau de son passé. J’ai particulièrement aimé la sérénité qui se dégage des lieux. Le parc, baigné de lumière, invite à ralentir, à prendre le temps de contempler. Sous les grands arbres, on imagine volontiers les évêques venant s’y ressourcer loin de l’agitation de la ville, mais aussi les récits chevaleresques qui ont nourri notre imaginaire d’enfants. C’est le genre d’endroit qui émerveille autant les passionnés d’histoire que les rêveurs. La vue est de surcroît splendide et apaisante une nouvelle fois. Pourquoi Septmonts d’ailleurs ? Selon l’étymologie la plus répandue, il viendrait du latin Septem Montes, en référence aux sept collines qui entoureraient le village, rappelant ainsi les célèbres sept collines de Rome. Une tradition locale raconte même qu’un pape, frappé par cette ressemblance, aurait donné ce nom au village. Si cette histoire n’a jamais été véritablement attestée par les historiens, j’aime beaucoup cette part de légende qui flotte encore sur les lieux. Entre patrimoine, récits transmis au fil des siècles et imaginaire collectif, le Soissonnais-Valois a plus d’une légende dans son sac ;)









Et comme si la visite n’était pas déjà suffisamment riche en émotions, une dernière surprise m’attendait. Que vois-je gravé dans la pierre ? Le nom de Victor Hugo ! Moi qui suis une admiratrice de l’écrivain, j’ai ressenti une véritable émotion en découvrant cette trace de son passage. Victor Hugo visita en effet Septmonts au XIXᵉ siècle avec sa maitresse Juliette Drouet et y laissa sa signature, discrète mais chargée de poésie. Une rencontre inattendue avec l’un de nos plus grands auteurs, qui est venue parachever cette parenthèse hors du temps et rendre cette découverte encore plus inoubliable, j’étais comblée ! Une nouvelle preuve que le Soissonnais-Valois réserve de merveilleuses surprises à ceux qui acceptent de sortir des sentiers battus. Car derrière ce village discret se cache un patrimoine exceptionnel, capable de nous transporter en quelques instants plusieurs siècles en arrière. Un lieu plein de charme, à découvrir absolument lors d’une escapade dans la région.


La cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons
Impossible de séjourner dans le Soissonnais sans pousser les portes de la majestueuse cathédrale de Soissons. Souvent éclipsée par des édifices plus célèbres, elle mérite pourtant largement le détour. Édifiée entre le XIIᵉ et le XIIIᵉ siècle, elle impressionne par la pureté de son architecture gothique et par la lumière qui inonde sa nef élancée. J’ai aimé l’atmosphère paisible qui y règne, propice à la contemplation. En levant les yeux vers ses voûtes vertigineuses et ses magnifiques vitraux, on mesure le savoir-faire extraordinaire des bâtisseurs de l’époque. C’est un lieu chargé d’histoire, marqué par les soubresauts des siècles, mais qui conserve aujourd’hui encore une grâce et une sérénité infinies. Une visite aussi inspirante qu’apaisante, qui rappelle combien le patrimoine soissonnais est d’une richesse insoupçonnée. Le saviez-vous ? La cathédrale actuelle ne conserve qu’un seul de ses deux clochers initialement prévus. Cette légère asymétrie, loin de lui ôter son charme, contribue au contraire à son identité singulière et la rend immédiatement reconnaissable dans le paysage soissonnais. La cathédrale porte aussi les traces d’une histoire plus récente. En janvier 2017, la tempête Egon frappe violemment Soissons : une grande partie de la rosace de la façade s’effondre, entraînant des dégâts importants à l’intérieur de l’édifice. Grâce à une remarquable mobilisation d’artisans et de spécialistes du patrimoine, ce joyau gothique a pu être restauré. Une preuve supplémentaire de la résilience de ce monument, qui continue de traverser les siècles malgré les épreuves (et l’ancienne rosace a pu être conservée également mais…j’en reparlerai plus tard :)









Une parenthèse gourmande au Nomade
Après toutes ces nouvelles choses apprises (j’adore ça !) place à la gourmandise avec un déjeuner au Nomade (ce que j’adore aussi ;) C’est aussi ça, voyager entre amies : prendre le temps de savourer autant les assiettes que les conversations. Ce voyage est une véritable pause que je recommande d’ailleurs également en couple ou en famille. Le Nomade est une adresse soissonnaise à l’ambiance chic et décontractée avec une jolie terrasse en prime ! J’ai particulièrement apprécié mon ceviche de daurade, aussi beau que savoureux, où la fraîcheur du poisson se mariait avec originalité à la fraise, au concombre et à une délicate note de passion qui relevait parfaitement le tout. En face de moi, les crevettes poêlées, servies sur une généreuse purée de pomme de terre et patate douce accompagnée d’une sauce beurre blanc, ont également remporté tous les suffrages. Le tout accompagné de délicieuses frites maison. Nous avons terminé sur une note acidulée avec une tartelette citron revisitée, fine et élégante, ainsi qu’une glace artisanale pêche et framboise fort bienvenues avec la chaleur. Une belle découverte qui prouve, une fois encore, que le Soissonnais sait aussi régaler les papilles.






Quand Soissons raconte son histoire : direction musées et patrimoine !
Cet après-midi nous restons à Soissons avec la visite du Musée d’Art et d’Histoire. Une belle façon de mieux comprendre l’identité de cette ville au passé si riche. Cet après-midi, nous restons à Soissons avec la visite du musée d’Art et d’Histoire Saint-Léger, installé dans les anciens bâtiments de l’abbaye du même nom, dont on peut encore admirer le magnifique cloître. Le lieu, à lui seul, vaut le détour. À l’intérieur, les collections nous font voyager à travers l’histoire locale : vestiges gallo-romains, sculptures médiévales, objets d’art, mais aussi de belles peintures allant du XVIᵉ au XXᵉ siècle, avec des œuvres d’artistes tels que Marten van Cleve, Bartolomeus Strobel, Jules Justin, Louis Philastre et de nombreux autres. J’ai également été touchée de découvrir l’ancienne rosace de la cathédrale de Soissons, conservée ici comme un précieux témoin du patrimoine de la ville. Une visite passionnante, qui permet de mieux comprendre l’âme de Soissons et la richesse souvent méconnue de son héritage culturel. Il faut dire que Soissons a joué un rôle majeur dans l’histoire de France : la ville fut l’une des premières capitales du royaume des Francs après la victoire de Clovis à la fin du Ve siècle. En parcourant les salles du musée, on mesure d’autant mieux l’importance de cette cité qui a vu défiler rois, évêques et grands événements de l’Histoire.






















Nous poursuivons la découverte à l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes, dont les impressionnantes tours gothiques dominent le paysage soissonnais. Dans le magnifique réfectoire des moines, nous découvrons l’exposition Patrimoine en mouvement : construire un avenir durable, consacrée aux métiers et aux grands chantiers de restauration du patrimoine. Une plongée passionnante dans les coulisses de la sauvegarde de nos monuments, qui met en lumière le travail minutieux des tailleurs de pierre, maîtres verriers, charpentiers ou ferronniers. Une visite qui rappelle combien le patrimoine est vivant et combien sa transmission repose sur des savoir-faire précieux.








Nous poursuivons ensuite la découverte à l’Arsenal avec l’exposition Contenir tout l’univers de Jean-Christophe Norman. Ancien grimpeur professionnel, il explore les notions de temps, de mémoire et de déplacement à travers l’écriture…. J’aurais beaucoup à dire tant ce fut pour moi un coup de coeur que cette découverte ! Mais je vous invite plutôt à faire vous même votre « propre lecture poétique » en découvrant son univers… Pour néanmoins vous en toucher quelques mots, ses œuvres naissent souvent de longues marches durant lesquelles il recopie à la craie, sans interruption, des textes issus de grandes œuvres littéraires, de James Joyce aux Mille et Une Nuits (performances dans plusieurs endroits du monde). Dessins, peintures, photographies et vidéos composent un parcours à la fois exigeant et profondément poétique. Une invitation à ralentir, à prendre le temps de regarder. Dans le cadre brut et chargé d’histoire de l’Arsenal, cette réflexion sur la trace que nous laissons derrière nous prenait une résonance toute particulière. Une belle surprise, sensible et extrêmement inspirante qui montre aussi combien Soissons sait faire dialoguer patrimoine et création contemporaine. Je vous invite également à le suivre sur son compte instagram également.







Soissons en Lumières : le grand final
Pour terminer cette journée, nous dînons à la BAM – La Boîte à Mousse, une adresse conviviale à l’ambiance industrielle décontractée. Au menu : d’énormes burgers maison, des frites croustillantes à souhait et une délicieuse soupe de fraises accompagnée de glace et de chantilly. Une parenthèse gourmande et sans chichis, parfaite pour conclure cette seconde journée soissonnaise.





Enfin, voici l’heure de Soissons en Lumières ! À la nuit tombée, les façades historiques deviennent des écrans géants où se déploient couleurs, projections et histoires. Mon amie et moi déambulons dans les rues, levant les yeux comme des enfants. Les pierres s’animent, les monuments prennent vie et la ville révèle un tout autre visage. Une façon immersive de redécouvrir le patrimoine soissonnais, qui émerveille autant les enfants que les adultes. C’est jusqu’au 27 septembre tous les jeudi, vendredi et samedi !






Je crois que c’est l’image que je garderai longtemps de cette deuxième journée : celle d’une ville capable de conjuguer patrimoine, créativité et émotion. Le Soissonnais-Valois n’en finit plus de nous surprendre. Et il nous restait encore un dernier chapitre à découvrir, du côté de Villers-Cotterêts, avant de reprendre le chemin de Paris. C’est à suivre demain sur le blog :)
Infos pratiques
Pour préparer votre escapade, retrouvez toutes les informations sur le site de l’Office de Tourisme Soissonnais-Valois : https://www.soissons-villerscotterets-tourisme.com/

(Partenariat=> Nous avons été invités par l’Office de Tourisme sans obligation de contenu donc ça ne change rien, nous avons apprécié puisque nous faisons l’article à la suite :)



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