LE PARIS DE MALKA MARCOVICH, AUTEURE

malka_marcovichIl y a près de 20 ans, Malka est partie à la découverte des rues et jardins qui ont donné leurs noms à des destins de femmes. Ces plus de 300 femmes – sur un total de 6000 rues dont 4000 consacrent un destin masculin – sont entrées dans sa vie. Elles font partie non seulement de l’histoire de la ville mais de notre imaginaire collectif. Elle s’est prêtée au jeu en imaginant ce que certaines des héroïnes de Parisiennes (éditions Balland 2017) auraient pu répondre. Voici leur Paris. 

paname et moi

Depuis quand êtes-vous à Paris ?

Saint-Geneviève : « Je suis née en 422 à Nanterre. Lorsque je me suis installée à Paris, j’ai fait bâtir la Basilique de Saint-Denis. En l’an 451, le chef de guerre Attila a voulu attaquer la ville et je suis parvenue à arrêter la débâcle. Puis lorsque les Francs nous ont assiégés j’ai empêché que la ville sombre dans la famine. » 

Votre premier souvenir à Paris ?

Les lavandières et les lingères : « C’était au cœur de Paris, autour de ce que l’on appelle aujourd’hui le trou des halles. Le roi Saint-Louis nous avait autorisées à habiter et à travailler dans ce périmètre. C’était aux abords du cimetière des Innocents qui fut détruit à la Révolution française. Nous battions, essorions, rincions le linge et le faisions sécher à tout vent, en toute saison, pliées à genoux, debout au bord du lavoir ou de la rivière. »

Paris vous le/ la définiriez comment ?

Florence Meyer Blumenthal : «Une ville passionnante, vivante, riche, d’une culture incroyable. C’est pourquoi nous avons décidé, avec mon mari Georges Blumenthal, de nous engager dès 1919 dans le mécénat, notamment pour le développement de la Sorbonne, mais aussi pour le soutien de grands artistes et écrivains français grâce à la Fondation franco-américaine pour la pensée et l’art français. Ainsi, plus de 200 artistes parisiens ont pu en bénéficier, notamment le grand écrivain Marcel Proust.

Quel est votre ou vos endroit(s) favori(s) à Paris ?

Mme la Marquise de Sévigné : « J’aime ma rue qui se trouve dans le 3ème et le 4ème arrondissement. Malheureusement, elle ne porte que mon nom mais ni mon titre ni mon prénom. Ainsi, qui sait que cette rue fut nommée à ma mémoire, moi la grande femme de lettre ? C’est comme pour la malheureuse abbesse Marguerite de Rochechouart dont le Boulevard de Rochechouart ne rend nullement hommage à l’esprit d’entreprise de notre beau sexe. C’est dans ma maison, l’hôtel Carnavalet, où se trouve aujourd’hui le musée historique de la ville de Paris que j’ai vécu près de 20 ans entre 1677 et 1696. Dans cette magnifique demeure que j’appelais « ma carnavalette », j’écrivais à ma si chère fille Françoise, ces lettres devenues si prisées qu’on en faisait des lectures dans les salons de l’époque. »

Quel est votre musée favori ?

Leonor Fini : « Lorsque l’on a donné mon nom au jardin de l’hôtel Salé où se trouve le Musée Picasso, je ne pouvais que me réjouir. J’adore ce musée, moi qui a traversé tous les courants les plus importants de la peinture du XXème siècle, traçant mon chemin envers et contre tout dans un univers souvent bien sexiste ».

Un restaurant fétiche ?

Dame Pernelle : « Avec mon époux, Nicolas Flamel, dont je partageais la passion des sciences, et notamment de  l’alchimie, nous avons tant fait pour la ville. La plus ancienne maison de Paris encore debout a été construite en 1407 par Nicolas. Elle se trouve au 51 rue de Montmorency dans le 3ème arrondissement et est aujourd’hui un restaurant très élégant qui porte son nom, « L’Auberge Nicolas Flamel ».  Alors trinquons à sa santé ! A notre santé ! »

Une boutique fétiche ?

Margueritte Boucicaut : « Qui aurait cru lorsque je suis arrivée à treize ans en 1829 d’un des villages les plus pauvres de la vallée de la Saône, née de père inconnu, que mon destin se transformerait en Success story au  Bonheur des dames. Lorsque j’ai rencontré Aristide Boucicaut, marchand ambulant, je n’étais moi-même qu’une pauvre blanchisseuse. Ensemble, nous avons retroussé nos manches et avons créé petit à petit le premier grand magasin de la capitale «Le Bon Marché ». A ma mort survenue dix ans après mon mari en 1887, plus de 10 000 ouvriers travaillaient pour nous dans toute la France. Nous avions créé des caisses de prévoyance, de retraite, des œuvres de bienfaisance, des centres sanitaires et j’ai fait un lègue important à l’institut Pasteur, mais aussi soutenue les filles mères et financé un hôpital. Ma statue trône devant le square face au grand magasin le plus chic de Paris, réputé dans le monde entier ! »

Un salon de thé, un café, un brunch ou autre à recommander ? 

Simone de Beauvoir : « Le Café de Flore est un incontournable. Durant la période grise de l’occupation, Jean-Paul Sartre et moi y avions élu domicile. Nous étions au calme et au chaud pour écrire. On y retrouvait tout un aéropage d’intellectuels et d’artistes qui allaient après-guerre participer à la création du mythe de Saint-Germain-des-Prés et de l’Existentialisme. Aujourd’hui face au Flore se trouve la place Jean-Paul-Sartre-Simone-de-Beauvoir. En tant que féministe, je suis satisfaite qu’il existe aussi une passerelle sur la Seine qui porte mon nom. On ne peut pas toujours être identifié à son compagnon ! »  

Quel est votre quartier préféré ?

Dalida : « Sans hésitation, c’est Montmartre où j’avais élu domicile après mon exil d’Egypte. Sur la place qui porte mon nom, le sculpteur Aslan a immortalisé mon style inimitable avec mon décolleté charnel, et mes cheveux jetés en ondulation sur mes épaules. Je croyais que ma maison à Montmartre me permettrait de surmonter les douleurs insupportables que je portais en moi malgré mon succès incroyable. C’est dans cette maison que j’ai pris un soir des barbituriques dans la nuit du 2 au 3 mai 1987. »

Comment vous déplacez-vous à Paris ?

Maryse Bastié, Maryse Hilsz, Hélène Boucher, Bessie Coleman : « Nous sommes les premières aviatrices honorées à Paris. Nous sommes des pionnières dans tous les sens du terme. Nées au tournant du XIXème et XXème siècle, notre passion  était de voler et de battre tous les records possibles, d’altitude, de vitesse, de temps de vol… Dans nos avions, nous nous sentions les femmes les plus libres du monde. Survoler Paris aurait été notre rêve, cette si belle ville vue du ciel ! »

Que diriez-vous à Paris ? 

Marie Curie : « Merci Paris, mais surtout merci ma chère sœur  Bronia Dluskia de m’avoir permis de quitter la Pologne et mon travail de gouvernante d’enfants. Merci Paris de m’avoir donné la possibilité de suivre des études à la faculté des Sciences et d’avoir rencontré Pierre avec qui j’ai effectué mes premiers travaux sur le radium qui nous a valu à tous deux le prix Nobel de Physique en 1903. Après la mort de Pierre en 1906, j’ai continué à faire mes recherches à l’institut Pasteur et suis devenue la première femme à enseigner à la Sorbonne. Puis ce fut le deuxième Prix Nobel de chimie cette fois en 1911. Je reste à ce jour la seule femme à avoir eu deux prix Nobel, et la première femme à l’avoir reçu. Merci Paris ! »

Si Paris était une chanson / une musique ? 

Joséphine Baker : «  J’ai été embauchée pour la Revue nègre au théâtre des Champs-Elysées en 1925. Je dois le reconnaître, cette revue avait tous les stéréotypes les plus racistes que l’on puisse imaginer avec mon pagne en bananes et ma danse furieuse de Charleston. C’est grâce à ce succès que je suis devenue l’égérie des cubistes et des Dadas et que j’ai contribué à importer en France le Jazz et la musique noire américaine. En 1927, je me suis mise à la chanson et ce fut un vrai triomphe : « J’ai deux amours, mon pays et Paris, ce qui m’ensorcelle, c’est Paris tout entier ». Je n’ai jamais baissé la tête, Résistante de la première heure, engagée dans les forces féminines de l’armée de l’air du Maréchal de Lattre de Tassigny, je me suis aussi battue contre les discriminations que subissaient les noirs aux Etats Unis dès 1955 et ai participé à la marche sur Washington avec le Révérend Martin Luther-King en 1963. Mais ce qui m’a le plus mobilisé, c’est la création de ma « tribu arc-en-ciel » où j’ai adopté des enfants orphelins des quatre coins de la planète. Toute ma fortune y est passée. »

Si Paris était une odeur ? 

Les femmes arméniennes : « Le parterre de cent rosiers cours Albert 1er dans le 8ème arrondissement. Il embaume dès le printemps et ce sont les âmes des milliers de femmes assassinées, déportées, disparues, violées torturées durant le génocide arménien en 1915 qui nous interpellent. Mais ce sont aussi les âmes de celles qui ont continué le combat pour l’Arménie en 1918, qui se sont battues pour transmettre la mémoire contre le déni d’une généalogie amputée. Des roses contre la barbarie, c’est aussi un magnifique hommage à la France devenue notre terre d’accueil. »

Votre saison préférée à Paris ?

Daniel Lesueur : « En fait mon vrai nom c’est Jeanne Loiseau, mais pour pouvoir être publiée, j’ai pris un pseudo masculin. Mon premier volume de poèmes Fleurs d’avril publié en 1882 a obtenu le prix de l’Académie Française. J’aime le printemps quand la nature renaît, et l’été quand tout explose. Comme je l’ai écrit « Paris crible d’ardentes fleurs l’horizon bleu (…) l’amour est là (…) Il vient un soir où tout s’achève. Et c’est l’été. »

 Un bar préféré, un lieu la nuit ?

Catherine de Guise, duchesse de Montpensier : « Qui ne connaît pas la rue Princesse dans le 6ème arrondissement, cette minuscule rue à l’architecture du XVIIè siècle, une des plus branchées de Paris depuis les années 60, avec sa boite Chez Castel qui devint le lieu le plus select des nuits parisiennes, ou sa librairie new-yorkaise Village Voice. Personne ne semble se souvenir de moi, moi la Princesse de Guise née en 1552, mariée à 10 ans avec un homme de 33 ans mon aîné. Heureusement pour moi, j’ai été veuve à 30 ans. Et j’ai fermement refusé de me remarier malgré la pression du roi. Je n’avais pas d’enfants et tout le monde se moquait de moi parce que je claudiquais. Furieusement furieuse, j’appartenais à la Ligue, et portais à la ceinture une paire de ciseaux dans l’espoir de tonsurer Henri III puis Henri IV. »

Paris le matin ? 

Claire Lacombe : « J’aime les jeudi et dimanche matins, lorsque les forains s’installent sur le terre-plein central du Boulevard Richard-Lenoir qui mène à la place de la Bastille. J’aime cette partie pleine de couleurs et d’odeurs de cette partie du marché qui porte mon nom, moi, l’actrice née en 1765, qui a participé à l’assaut des Tuileries pour la destitution du roi. Cela me fait plaisir de savoir que les habitants bobos du quartier, une fois leur paniers bien remplis,  peuvent continuer de flâner sur l’allée Pauline Léon, ma compagne de combat, plantée de bosquets. Je me souviens de nos discussions d’alors, lorsque nous revendiquions de pouvoir porter les armes comme les hommes et que nous avions créé la Société des Républicaines Révolutionnaires. »

Paris le dimanche ?

La reine Margot : « On me connaît plus sous le nom de la Reine Margot septième enfant d’Henri II et de Catherine de Médicis. Qui sait qu’une artère de trois kilomètres en plein bois de Boulogne porte mon nom : Allée de la Reine-Marguerite ? C’est ma petite revanche. Moi qui fût considérée comme une rebelle,  j’éprouve un immense plaisir lorsque la partie sud de ma route est interdite aux automobiles le dimanche, et que les promeneurs peuvent déambuler en toute liberté. Car après une assignation à résidence en province, j’ai fini par gagner ma propre liberté et faire ce que j’aimais, écrire, puis revenir à Paris et ouvrir un salon littéraire et politique. »

Paris et vous ? 

Malka Marcovich :  « Paris ville escargot, ville circulaire aux enceintes et aux mémoires qui effacent les précédentes, ville studieuse et laborieuse ou ville musée, Paris la nuit, Paris dans le ciel violet des crépuscules pollués de l’été, Paris plage… Et nous le savons bien: Paris (ne) sera (pas) toujours (le) Paris de notre enfance comme le chantait Maurice Chevalier en 1939. Les façades encore noires de suie dans les années 1960 ont subi au fil des ans un ravalement de jouvence. Comme par enchantement, le calcaire se découvre lumineux sous l’effet du soleil. Vertige religieux et « océanique» des amoureux de Paris – en reprenant l’image de Sigmund Freud dans Malaise dans la civilisation – lorsque, après avoir flâné dans les recoins de son histoire, on se met à retrouver les espaces oubliés qu’ont empruntés des millions d’hommes et de femmes, faits de chair et de sang. Le peuple de Paris – les promeneurs, les flâneurs, les travailleurs, les ouvriers, les commerçants, les artisans, les bourgeois, les nobles, les religieux, les artistes, les étudiants qui, jour après jour, en toute saison, siècle après siècle, ont construit la capitale – est bien là et nous surprend lorsque l’on s’y attend le moins. »

Merci Malka !

 
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Amoureuse de Paris, j'aime partager mes découvertes culturelles, gastronomiques... Je vous dis ce qui m'a plu pour vous donner envie de sortir dans cette si jolie ville qu'est Paris où l'on a la chance d'avoir tant à faire, à voir, à goûter et à tester... Également désormais : des interviews !

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