Bertille des Fontaines est auteure, chroniqueuse, entre autres, pour Brazil, les Chroniques des Fontaines, revue dont elle est co-fondatrice. Artiste multi-cordes, elle est également graphiste et chanteuse à textes. Voici son Paris.
Depuis quand êtes-vous à Paris ?
Je suis à Paris depuis 2001, l’année de mes 20 printemps, si ma mémoire blanche ne flanche pas sur l’instant.
Votre premier souvenir à Paris ?
Les mâchoires de lion, de fer, de la Gare de Lyon… L’infernal dédale du mythique métropolitain, j’y ai cru entrevoir au loin l’ombre d’un minotaure authentique (il me poursuit partout depuis, extatique)… Et puis, le velours et les feux bleu-nuit du Grand Rex, où j’ai valsé avec Amélie Poulain en attendant mon destin…
Paris vous le/ la définiriez comment ?
Si l’animal « Paris » est femelle : comme la dentelle de fer d’une Terre-Mère dont je ne peux plus me défaire… J’ai été conçue sur Paris, je l’ai quittée à regret avant d’avoir pu y naître… J’y suis revenue pour y renaître et y laisser, à chaque instant, mourir mon être, jusqu’à y périr totalement (je le souhaite) et puis naître encore, phénix de plumes, de sang et d’or. Si l’animal « Paris » est mâle : comme mon plus grand mal, ou joie, de vivre. Si je suis une belle île, Paris, en idylle, est bel et bien mon exil, ou l’inverse, à Paris tout se renverse, prenant le parti pris, tendre, de la renverse.
Quel est votre ou vos endroit(s) favori(s) à Paris ?
Les dédales de Montmartre, j’y « valse ivre », et entraîne Mon Amant de Karma, en chaîne, Sacré-Cœur, À la dérive, et toutes âmes qui vivent, le Tout-Paris et le qui va là… L’Allée des Cygnes et sa liberté, j’y ai suspendu mon cœur laissé hors de consigne, le temps éternel d’une balade bertillienne jusqu’au Spleen du chant du cygne… Métros « Hôtel de Ville » et « Rome ». À l’autel capital de l’amour, j’y ai entonné, Fontaine, « Paris, mon amour », puis, mon vœu exaucé, à Rome, j’y ai reconnu, mon âme-sœur au hasard de ma destinée (tous les chemins y mènent, tout tracés). Enfin, un lieu clos à deux pas de la Closerie des Lilas, près du Jardin du Luxembourg et de sa fontaine aux amours, où notre fils, déjà Paname dans l’âme, le bel Arsène, a fait son entrée en scène…

Quel est votre musée favori ?
Le musée Rodin. La femme modèle que je fus se nourrit aujourd’hui de la craie de ses Nus… Tandis qu’en Homme de Vitruve j’infuse mes pensées profuses dans l’étuve de mon cerveau, face à celui du Penseur sous le vert-de-gris de son étau… Alors, là-bas, devant la Porte de l’Enfer, dans le jardin vert, Camille, dans la peau, j’aime m’en remettre aux larges mains de mon Auguste dessein.
Un restaurant fétiche ?
Aucune adresse n’est fétiche pour moi. Je ne sais pas m’attabler et m’attarder, et de surcroît, au même endroit. Paris me donne des ailes, parfois, je me pose et prends la pose au présent, quelques fois, je m’entiche, puis très vite, le futur me rattrape, je réchappe du passé, et je m’échappe en quête d’autres murs… Aussi, chaque lieu représente une époque. Même si j’ai toujours un faible pour les belles Brasseries de Paris (celles de la belle époque desdits « Bouillons Parisiens », d’ailleurs, mon cœur bouillonne à l’idée de découvrir le Bouillon Pigalle, qui semble “vegan friendly”, j’en ferai peut-être l’écho dans notre revue, Chroniques des Fontaines, si le coup de cœur a lieu !) J’aime aussi découvrir des enseignes dans l’air vert du Temps, végétaliennes et sans gluten, qui fleurissent un peu partout, pour les Grands Palais et plaisirs parisiens, JANINE loves SUNDAY (anciennement Brasserie 2ème Art et plus anciennement LOLA), Hank, pour ne citer que ces derniers…
Une boutique fétiche ?
J’aime beaucoup flâner devant les vitrines des créateurs, Zadig & Voltaire, Maje, Nat & Nin et aussi, celle, coup de cœur, de Anne et Marion.
Un salon de thé, un café, un brunch ou autre à recommander ?
Noglu pour ses repas quatre étoiles sur place ou à emporter sur le pouce, Helmut Newcake et ses pâtisseries gluten free, aussi, et Yummy & Guiltfree pour ses gaufres de féerie…
Quel est votre quartier préféré ?
Lorsque l’on vit avec Arnaud Delporte-Fontaine, il est difficile de passer à côté des bons (hauts et bas, tout lui va) quartiers de Paris. C’est à son bras que j’ai redécouvert le vrai Paris, son « Paris est A nous » tiré de son Système A. Du Quartier latin, à Saint-Germain-des-Prés, de la Contrescarpe et Île de la Cité, rien ne lui échappe… J’aime y tracer, femme des fontaines, des sillons de sirène, à deux talons de la Seine, me défaire de toute notion, temps et raison, et faire et refaire le pont des réflexions et des perceptions, d’une rive à l’autre, dérive de passion… Le quartier de la Bastille, et par contre, celui qui ne fait, avec moi, pas de quartiers, et que je redoute, j’ai l’impression que sans nul doute, dans une autre vie, celle d’une autre Bertille qui, toujours, « brille dans le combat », au sein d’une Marianne maudite, à feu et à sang, réduite, j’y ai perdu la vie, cent fois.
Comment vous déplacez-vous à Paris ?
Encore une fois, à chaque époque sa chevauchée fantastique. Le métro mythique toujours dans le rétro, j’ai eu une période vespérale, taxis parisiens, que je prenais à dire vrai, et à défaut, sur le très/trop tard ou le très/trop tôt. Mais aujourd’hui, mes grands pieds m’ont rattrapée, et je ne cesse, mi-sirène mi-mélusine, d’arpenter, déracinée, de mes plantes implantées en fleurs parisiennes, le pavé, allées et quais de la Seine.
Que diriez-vous à Paris ?
Paris pris, tenu… Paris, à corps perdu… à âme éperdue. Et encore, pour faire simple : Paris, je t’aime (j’y « fais face » dans le court-métrage du 13ème arrondissement, Porte de Choisy, où l’on aperçoit mon portrait…)
Si Paris était une chanson / une musique ?
Paris, mon amour, un de mes prochains singles, sortie prévu au printemps 2019. Et puis, mon hymne libertaire « Paris est A nous » (encore inédit à ce jour) titre fidèle, d’après le roman cultissime Système A de Arnaud Delporte-Fontaine.
Si Paris était une odeur ?
Parce que chaque jour, Paris brûle, toujours, celle de l’encens de ses feux (d’artifices, de sacrifices, d’édifices…).
Votre saison préférée à Paris ?
Ma saison d’intervalle, telle Une saison en enfer rimbaldienne qui ferme le bal idéal de l’automne et ouvre celui infernal de l’hiver, que j’aime nommer, la saison du Spleen, où les flocons tombent précoces, où les flots de la Seine gèlent un temps éternel, où les loups sont entrés dans Paris, où les lions rugissent de passion, où les songes se fondent féconds avec la réalité féroce, où un minuit d’amour promet mille et une nuits de velours…
Un bar préféré, un lieu la nuit ?
Le dernier en date, Le Bar à Bulles, qu’Arnaud m’a fait découvrir. L’impression rouge-passion, de se glisser dans les coulisses du Moulin Rouge, et dans les machineries de sa magie, à travers terrasses et toits jusque dans les murs de Vian et Prévert, en pénétrant leurs vivants mûrs et leurs verts vers, ne laisse, de verre en verre, ni de marbre ni de bois (optez pour le jus de Bissap à volonté 3 euros le godet et évitez ainsi toute gueule de bois) !
Paris le matin ?
Salutations au soleil au septième ciel de la Tour Eiffel ?
Paris le dimanche ?
Un café embarqué et lecture au cœur de son marc, réunion au sommet du Clan des Carpates conversations A+B, discussions de faits divers, billets bien ou mal lunés et autres contes de fées, autour de « Tous contes de fées » et « Contes culinaires de la fée Myrtille » au bar de la péniche du Rosa Bonheur…
Paris et vous ?
Paris sur moi, Paris sur nous, Paris, c’est toi, c’est moi, (sans point) c’est tout.
Merci Bertille !
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