Journal d’un vieux confiné… Jour 10

En cette période de confinement, mon ami Rodolphe Trouilleux, qui vient de rejoindre le blog vous fait part d’un journal imaginaire : « Journal d’un vieux confiné  »  Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, etc, les surprises sont souvent au rendez-vous et c’est un plaisir de les partager.

 

Dixième jour de confinerie

J’ai été énervé toute la matinée à cause de ce qu’ils ont dits dans la radio de la télé du Luxembourg. C’est vrai, alors que y’en a qu’ont vraiment les jetons et pas de bol comme le Marcel qui vit dehors, voilà t’il pas qu’ils nous font causer les védettes pour savoir si elles sont comme y faut dans leurs maisons de deux milles mètres carrés. Déjà qu’il y en a qui nous font des chansons pour nous remonter le moral mais qui font que le déglinguer un peu plus, genre l’autre là, le triste, le copain de la canadienne qu’à un nom de vieille bagnole, de Dion, c’est ça, nous voilà avec des ceusses qui te raconte comment y font pour tenir. Y z’ont qu’à tremper leur biscotte dans le caviar des lumpes, moi je m’en fous.

Et voilà-t’-il pas que ce matin c’est le Vincent Vincent qui causait de sa maison dans le Lot. J’ai crû que maman elle allait avoir un organe tellement elle était contente.L’autre il avait pas grand-chose à dire, vu que comme d’hab il a rien dans la cervelle, ou plutôt que si : des courants d’air. Il paraît qu’il élève des poules pour avoir des œufs, la belle affaire ! Faut dire que les poules il a l’habitude, vu toutes celles qui picorent dans son pieu. Genre la Sarah Frisette, l’autre védette du cinéma qui fait que pleurer dans les machins qu’elle tourne, des niaiseries avec de l’amour qui dégouline. Même que Maman elle a le cédé. Ce qu’elle préfère là-dedans c’est le bonux où qu’on voit voir l’autre dans sa cabane de riche, le Vincent Vincent qui mignotte sa Sarah. Il est vraiment tarte celui-là ! ça m’étonnerait pas qu’il ait une moumoute et un dentier, il a les moyens pour.Enfin, faut pas être jaloux mais ça m’énerve tout de même. Heureusement que l’asticote elle est là pour me consoler. Elle a couché sur mon lit dès la première nuit. Bon, elle ronfle mais elle est gentille.

Depuis qu’elle est là elle dit rien, elle bouffe, elle dort, elle nous lèche les mains. J’avais jamais vu la Divine comme ça avec une bestiole, c’est elle qu’est apprivoisée.

J’ai bien essayé de demander où qu’elle est la boîte blanche mais là Maman elle m’a pas répondu, rien, nib, des cacaouettes. Mais qu’elle a bien pu foutre là-dedans ? C’est pas du pèze vu qu’on n’en a pas des masses, c’est pas des bijoux vu que tous ses machins qui brillent et qui sont faux y sont dans sa chambre, c’est pas ses vieilles lettres d’amour, vu que ces conneries c’est moi qui les ai écrites et qu’elle sont dans la boîte à biscuits de la cuisine, mais alors quoi ? Et pourquoi qu’à chaque fois que je lui en parle de la boîte ça la rend triste comme ça ? Bon, faut pas insister, on verra bien.

Elle est bien avancée maintenant à cause du Kiki. Elle a voulu continuer le yoga avec des cours dans la boîte en plastique mais elle a compris ce qui lui disait à l’envers, et elle s’est retourné un machin dans la jambe. Faut dire que le Kiki comme prof on repassera ; y décrit ses mouvements entre deux histoires pour rigoler, du coup, Maman elle prend la pose et elle part en fou rire que ça lui donne des crampes.Bonne nouvelle : le pull poncho africain y va prendre du retard : j’ai vu Maman qui prenait les mesures de l’asticote. Elle veut lui faire un petit manteau et un bonnet à trous pour les oreilles.T’aurais vu l’autre, elle bougeait pas, tranquille, comme si elle comprenait le machin. Ah j’attends ça, l’asticote avec bonnets za trous ça va dégager sec !

Bon, je suis un peu moins énervé mais va pas falloir continuer à m’agacer quand même !

Pour le reste on verra demain.

 

rodolphe

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Historien, auteur de nouvelles, conférencier, rédacteur au Journal Le Chat Noir, on me présente souvent comme le spécialiste de Paris secret et insolite, rappelant en cela mon livre éponyme. C’est un peu vrai mais Paris dans son ensemble me passionne depuis toujours. La ville d’hier et d’aujourd’hui, ses multiples histoires et faits divers occupent mon quotidien. Incorrigible piéton, je parcours les rues parisiennes en tous sens, et mes découvertes sont nombreuses. Qu’elles soient théâtrales, littéraires, gastronomiques, la surprise est souvent au rendez-vous, et c’est un plaisir de les partager.

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