LES COUPS DE COEUR DU COMÉDIEN ET PHOTOGRAPHE LOÏC BARTOLINI

Copyright Loïc Bartolini

Comédien, photographe, scénariste et magicien, le Suisse Loïc Bartolini est tout cela à la fois et bien plus encore. On peut voir actuellement deux de ses talents dans Photographe en liberté au Métropole, tandis qu’il partage sur ses réseaux nombre d’anecdotes sur ses clichés exceptionnels. Entre deux représentations, il a bien voulu nous confier les coups de coeur qui jalonnent sa vie.

Un album de musique ?

Ma playlist Spotify est composée de morceaux de musique que je rajoute non-stop, associés à une période de ma vie que je n’efface jamais. Et dedans, il y a Sleep de Max Richter, que j’écoute quand j’ai du mal à m’endormir, à me canaliser, quand j’écris, quand je dois faire des turbo-siestes… Cette musique m’accompagne partout et c’est vraiment incroyable. Un mouvement continu, très lent et répétitif qui ne s’arrête jamais. Ça te met dans une bulle, c’est fascinant. J’adore ce compositeur.

Une chanson ?

Celle que j’écoute le plus sur ma playlist, c’est Undeuxtrois, de Cabadzi, un groupe de rap et slam. C’est issu de leur album Cabadzi X Blier où ils reprennent des répliques de Blier qu’ils mettent en musique. J’ai saigné cet album et ce titre en particulier. Je les avais découverts au festival d’Avignon où ils proposaient un spectacle qui fut pour moi une claque monumentale.

Un clip ?

Souvent, ceux qui m’intéressent sont ceux qui sont les plus improbables, sur des musiques inavouables. Et celui qui m’a bien marqué, c’est Crucified d’Army of Lovers. Un choc émotionnel, kitsch et génial à la fois.

Un film ?

Mon film de chevet, c’est The Fountain de Darren Aronofsky. Je suis incapable de dire pourquoi. Il m’a chamboulé quand je l’ai vu la première fois au cinéma, sans être certain d’avoir tout compris. L’esthétique, la relation complexe de ce couple (l’acceptation de la mort pour elle et l’envie que tout survive pour lui), c’est d’une beauté, d’une douceur… Et la musique de Clint Mansell est à tomber par terre.

Une série ?

Celle qui m’a le plus marqué ces dernières années, c’est la série allemande Dark. J’ai vu les deux premières saisons, mais j’ai laissé passer trop de temps pour voir la troisième et du coup, il faudrait que je les revoie pour poursuivre. Mais j’adorerais voir comment les scénaristes l’ont écrite, tellement elle est complexe. C’est une série qui donne envie de prendre des notes, de commenter à voix haute pour t’y retrouver, mais c’est fin, brillant, bien écrit, le casting est formidable.

Un documentaire ?

Rosy, de Marine Barnerias. À la base, elle avait filmé sans l’optique d’en faire un documentaire. Elle découvre qu’elle a une sclérose en plaques et elle refuse. Battante, elle s’organise un voyage en trois étapes : l’une pour ressentir, une autre plus spirituelle et une autre pour soigner son âme, en Mongolie. Elle se filmait avant tout pour elle-même. Elle fonce, elle y va sans traitements, elle n’a pas peur. Lors d’une randonnée, elle tombe sur Matthieu Chédid à qui elle explique son projet et il a composé la bande originale qui est une ode à l’espoir, qui donne envie de sauver la planète. Ce film est magnifique pour tout ce qu’il représente, alors que rien n’est pensé comme un documentaire. En haut d’un volcan en Nouvelle-Zélande par exemple, elle ne filme que le cratère et non la beauté qu’il y a autour, mais cela rend la chose poétique, car purement humaine, il n’y a rien de fabriqué.

Un livre ?

J’ai longtemps été un piètre lecteur, mais quand je suis arrivé à Paris, j’ai découvert Chuck Palahniuk et le roman Survivant, dans lequel un pilote explique à la boîte noire pourquoi il va faire écraser l’avion et ça commence à la dernière page, comme un compte à rebours. Je me réveillais la nuit pour lire la suite, car les chapitres sont super courts et invitent à les enchaîner. Ça a été une claque absolue et depuis, j’ai lu tous ses livres.

Une bande dessinée ?

En ce moment, je lis beaucoup de bandes dessinées sur la déconstruction (sociétale, patriarcale, etc). Et là, je viens de finir Les sentiments du Prince Charles. C’est brillant, ça vulgarise et rend accessibles des pensées dont on devrait tous s’inspirer aujourd’hui. C’est sur la construction du couple, comment ça fonctionne, d’où viennent ces traditions qu’on perpétue aujourd’hui et pourquoi…

Un photographe ?

J’ai une très maigre connaissance des photographes, alors que je le suis moi-même. Mais je voudrais citer ma mère qui n’est pas photographe à la base, mais qui, depuis qu’on est tout petits avec mon frère, a immortalisé seconde après seconde tous nos faits et gestes. On a donc des centaines d’albums photos de notre enfance, tant et si bien que désormais, je ne sais plus s’il s’agit de mes propres souvenirs ou si cela provient de ces photos-là. C’est ma mère qui m’a mis le pied à l’étrier dans le monde de la photo. Moi, je cherche surtout une composition, une sensation, avec de la technique et une précision extrême, elle, elle saisit des souvenirs. J’ai plus de plaisir à voir ses clichés à elle que les miens. Elle avait même gagné un concours à l’époque.

Par Dolores Bartolini

Une destination de voyage ?

L’Islande, car c’était mon premier voyage solo et là où j’ai le plus dépassé mes limites, éprouvé des émotions et même la peur. Ce voyage m’a fait grandir. Par exemple, à chaque fois que je voyais une montagne, je ressentais le besoin d’arriver au sommet. Un jour, j’ai voulu grimper sur un volcan, mais cela n’en finissait plus, le paysage n’évoluait pas et quand je me suis arrêté et retourné, j’ai vu tout le chemin que j’avais parcouru et ça m’a fait comme une sorte de claque philosophique, une métaphore de la vie. Après cela, je m’en fichais d’atteindre le sommet des montagnes, je profitais simplement du moment pendant l’ascension. J’aimerais beaucoup y retourner, mais il y a tellement de pays à visiter !

Par Loïc Bartolini

Une exposition ?

Lors d’un de mes voyages, dans le Salar d’Uyuni en Bolivie, le guide m’a proposé de voir des momies. Il m’y a emmené en voiture et on est rentré dans une grotte où se trouvaient effectivement tout un tas de momies, dont on était séparé par un petit cordon. C’était impressionnant. Cela se faisait beaucoup à l’époque de momifier les gens et de les cacher dans la montagne. Et celles que l’on voyait là étaient celles qui avaient été retrouvées et regroupées. Il y avait par exemple une mère et ses deux enfants, des hommes seuls avec de la paille qui leur sortait du ventre, etc. Je n’ai pas osé faire des photos de peur d’avoir le mauvais œil sur moi. Bon, j’avoue, j’en en ai fait une en secret.

Un spectacle ?

Dans mes spectacles, j’essaie de mettre des tours de magie dedans et du coup, un spectacle qui m’a énormément plu, c’est Je vole et le reste je le dirai aux ombres de Jean-Christophe Dollé que j’avais vu la première fois en Avignon. C’est beau, c’est incroyable et poétique la manière dont ils utilisent la magie pour faire exister les choses. Quand on arrive à utiliser la magie pour porter le récit et non l’inverse pour faire des effets, cela donne quelque chose d’inoubliable.

Un autre qui m’a ébloui, c’est Les Chatouilles (ou la danse de la colère), d’Andréa Bescond. Quand je l’ai vu, c’était aussi en Avignon, je n’ai pas pu parler après, je suis sorti de la ville et suis allé m’asseoir sur l’herbe, regardant dans le vide pendant une heure et demi.

Ou alors Les Cavaliers d’Eric Bouvron, adapté du livre de Joseph Kessel, avec Grégori Baquet et un travail incroyable sur les bruitages.

Un plat préféré ?

Des pâtes, car ma grand-mère était originaire d’Italie et elle nous faisait toujours des pâtes fraîches et la piadine (une galette plate dans laquelle on peut mettre ce qu’on veut). J’aime tellement la piadine que j’en prépare régulièrement à mes amis et on avait même ouvert avec mon frère un restaurant spécialisé à Genève. J’aime perpétuer cette tradition.

Une activité sportive ?

L’escalade. Tous les étés, j’essaie d’en faire dans ma Suisse natale. Et à Paris, il y a plein de salles. J’ai aussi fait un peu de bloc à Fontainebleau, mais c’est assez ardu.

Une citation ?

Je n’aime pas les citations, je trouve ça assez kitsch, même si certaines sont assez justes. « Créez vos propres citations ! »

Votre actualité ?

Je continue mon spectacle, Photographe en liberté jusqu’au 30 mai. J’alimente aussi mon podcast toutes les deux semaines avec un nouvel épisode. Et je fais des vidéos sur mes réseaux sociaux pour prolonger le plaisir du spectacle, avec des pastilles expliquant mes photos avec des anecdotes.

Merci Loïc !

Publié par

Journaliste de formation et amoureux de Paris, J’ai écrit pour différentes publications à gros tirage (Questions de femmes, Le Républicain Lorrain, Carrefour savoirs, Aux petits oignons…) et pour des sites culturels (Evene.fr, Grand-Ecart.fr…). Pour Fille de Paname, je rédige articles et interviews essentiellement dirigés vers la culture. julien@filledepaname.com

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